Lutte contre le sida : on reparle de Ténofovir

Un nouveau traitement contenant cet antirétroviral a été présenté le 19 juillet 2010 à Vienne en Autriche, où se déroule la conférence mondiale sur la pandémie.

 

Ce pourrait être la grande nouvelle de Vienne. Un gel microbicide vaginal anti-VIH, capable de réduire de 39% les risques de contamination chez les femmes, selon une étude menée par le Centre de recherche sur le sida en Afrique du Sud (Caprisa). Le nouveau traitement a été présenté le 19 juillet 2010 au cours de la 18e conférence mondiale sur le sida. Les recherches ont été effectuées sur 889 Sud-Africaines âgées de 18 à 40 ans et originaires du KwaZulu-Natal, province d’Afrique du Sud « pays où la prévalence de la séropositivité est la plus élevée dans le monde », selon le Pr. Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS). Ce gel révolutionnaire contient du Ténofovir, à hauteur de 1%.

Cet antirétroviral puissant, quand il est convenablement utilisé, c’est-à-dire 12 heures avant le rapport sexuel et 12 heures après, permet de se protéger au mieux contre la maladie. Les études ont démontré que le taux d’infection a été inférieur de moitié chez les femmes qui ont suivi strictement les consignes, comparé à celles utilisant un placebo. Les recherches menées depuis 20 ans sur les microbicides (produits appliqués au niveau du vagin ou du rectum) n’avaient essuyé jusqu’à maintenant que des échecs. Une innovation pour la recherche sur les traitements et soins du sida, mais aussi une bonne nouvelle pour les femmes, précisément en Afrique. Celles-ci représentent 60% de la contamination du continent.

« Si ces résultats se confirment, ce microbicide constituera une arme puissante en matière de prévention et devrait nous aider à enrayer le développement de la pandémie de sida », a espéré Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida. Autre grande nouvelle, ce gel à base de Ténofovir a un double effet. Il réduit l’herpès génital de 51%, les femmes atteintes d’herpès génital étant plus susceptibles d’être infectées par le VIH. Les problèmes de financements liés à la recherche sur le VIH, au cœur de cette conférence mondiale, ont quelque peu été oubliés, tant l’annonce de la nouvelle a tenu en haleine les plus de 20.000 participants venus en Autriche.

Voilà qui va peut-être réhabiliter le Ténofovir aux yeux de l’opinion. Entre juillet 2004 et janvier 2005, des essais cliniques réalisés à Douala avec la participation de 400 filles libres avaient suscité une vive polémique au Cameroun. Et l’onde de choc s’était rapidement propagée à travers le monde, jetant le discrédit sur le Ténofovir.

 

*Publié dans Cameroon Tribune du Jeudi 22 juillet 2010.

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