Lutte contre la corruption: le combat continue

Lors du conseil des ministres du 16 janvier dernier, le président de la République a rappelé au gouvernement que le combat devait se poursuivre activement

Le combat contre la corruption se poursuit. Le président de la République a rappelé son importance dans sa communication spéciale délivrée lors du conseil ministériel du 16 janvier 2019. Il est clair que la lutte contre la corruption au Cameroun a évolué à travers la réforme des normes. Laquelle est passée par la création des institutions chargées de lutter contre ce fléau et les infractions assimilées.

Il s’agit, entre autres, des institutions administratives, à savoir le Contrôle supérieur de l’Etat, l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), la Commission nationale anti-corruption (CONAC) ainsi que des institutions disciplinaires ou judiciaires telles que le Conseil de discipline budgétaire et financière, le Tribunal criminel spécial, la Chambre des comptes de la Cour suprême.

Il a également été question de mettre en place des règles de droit, procédurales ou substantielles, encadrant la prévention et la répression des comportements pouvant être qualifiées de corruption ou d’infractions assimilées. Quoiqu’en pensent certains, cette synergie d’actions a débouché sur des destitutions, des arrestations et bien d’autres sanctions visant à assainir les mœurs et à préserver la fortune publique de l’Etat. De 2007 à 2017, la CONAC pense avoir mis en œuvre une stratégie multisectorielle de lutte contre la corruption articulée autour d’une ambition nationale censée faire du Cameroun un pays où l’intégrité devrait être le maître-mot de chaque citoyen.

Cette structure estime qu’elle a obtenu des résultats probants, notamment la prise de conscience accrue des conséquences tragiques de la corruption sur les individus et le bien-être collectif. Au plan financier, la CONAC a pu, grâce à ses investigations, freiner le gaspillage des fonds publics en dévoilant des cas de mauvaise gestion, de fraude fiscale, d’exécution de projets non conformes aux normes ainsi que des cas de fonctionnaires fictifs.

De même, l’approche inclusive et multiforme adoptée par la commission a permis aux acteurs du secteur public et privé, ainsi qu’à la société civile, de participer à la lutte contre la corruption. Ce à quoi s’ajoute la contribution des institutions étatiques telles que la police, la gendarmerie et les tribunaux. Sans pour autant faire reculer fondamentalement le fléau de la corruption. On comprend donc aisément pourquoi le chef de l’Etat déclare : « Il va de soi que la lutte que nous avons engagée contre la corruption devra être activement poursuivie.

Outre le coût que celle-ci fait supporter à la fortune publique, elle nuit gravement à l’image de notre pays ». Selon le rapport de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2017, le récapitulatif des sommes à recouvrer par l’Etat du fait des actions initiées par la CONAC s’élève à près 52 milliards de F. Ces sommes relèvent notamment des condamnations pécuniaires à la suite des procédures transmises aux juridictions compétentes par la CONAC et des imputations financières au terme des missions d’enquête, de contrôle et d’investigations.

Pour sa part, l’ANIF a récemment révélé qu’au cours de la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2017, les flux financiers liés aux infractions, à la corruption, aux détournements de deniers publics aux faux et usages de faux, aux trafics et fraudes diverses s’élèvent à 256 milliards de F environ. D’où la nécessité de redynamiser les activités de prévention et de répression de la corruption afin de générer un climat sain, attractif et accélérateur du progrès sur l’ensemble du territoire national.

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