Centrafrique: le huitième accord signé

Le texte signé mercredi à Bangui entre le gouvernement et les groupes armés devrait ramener la paix dans le pays après plusieurs années de guerre civile

Après dix jours de négociations à Khartoum au Soudan, le gouvernement et les quatorze mouvements armés ont signé mercredi au palais présidentiel à Bangui un accord de paix. Sous l’égide de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies (ONU), les parties sont parvenues à un consensus même si jusqu’ici l’on ignore toujours le contenu du texte final. Mais, l’on se félicite tout de même de ce nouvel accord, le huitième du genre depuis 2012. « Le premier effet de cet accord est la cessation de toute violence contre les civils», s’est réjoui le président centrafricain.

Faustin Archange Touadéra poursuivra: « Ce jour est pour nous un moment historique qui consacre l’aboutissement de presque trois années d'efforts». Il affirmera par la suite avoir tendu la main aux groupes armés » en vue d’une « nouvelle gouvernance inclusive à tous les niveaux ». « Sans attendre, nous allons nous atteler à la mise en place d’une commission inclusive qui sera le dispositif approprié pour offrir à nos compatriotes les instruments d’une justice qui promet la vérité, la réhabilitation des victimes et la réconciliation nationale. Ses conclusions alimenteront le travail de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation qui sera opérationnelle à la fin du premier trimestre 2019 », a-t-il promis.

Bien qu’absents à Bangui mercredi au moment de la signature du texte final, Ali Darassa chef de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) et Noureddine Adam, leader du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), les deux principaux groupes rebelles, avaient paraphé le document la veille dans la capitale soudanaise. Dans le camp des antiBalaka, un groupe d’autodéfense à dominance chrétienne, l’on voit en l’«Accord de Khartoum » un signe d’espoir. « C’est la paix qu’on a ramenée du Soudan, la concorde, l’unité nationale. Et la réconciliation nationale, elle est aujourd’hui effective.», a souligné Igor Lamaka, porte-parole des anti-Balaka, fidèles à Patrice Ngaïssona, transféré à la Cour pénale internationale CPI.

Du côté de la médiation, l’on appelle vivement au respect de cet accord dit «historique». «Le véritable défi sera le suivi de cet accord. Il ne faut pas qu’il soit un énième accord sans suite comme disent les cyniques (…) Nous serons très regardants sur l’application effective de cet accord », a promis Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'UA. Pour sa part, Parfait Onanga Anyanga, représentant du secrétaire général de l’ONU pour la Centrafrique, a exhorté « à rester sourds au tumulte de tous ceux qui, hors contexte, et dans le confort des réseaux sociaux, travestissent les faits et tentent de manipuler la réalité ».

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