Nécrologie: le célèbre photographe de presse Jean Jacques Ewong n'est plus

Décédé le 11 février dernier, l'artiste laisse un héritage accumulé en 20 ans de métier.

Des jours après l’annonce de son décès au petit matin du 11 février 2019 des suites d’un malaise alors qu’il revenait de Djoum, son village, stupeur et incrédulité dominent encore auprès des proches de Jean- Jacques Ewong. Stupeur pour ceux qui se rappellent lui avoir parlé la veille et l’avoir vu connecté sur les réseaux sociaux en soirée. Incrédulité pour ceux qui pensent toujours à un poisson d’avril en plein février. A force de côtoyer Jean-Jacques Ewong, alias « JJ », on avait fini par le croire immortel. Lui qui semblait avoir vécu mille vies.

Son visage était incontournable dans le milieu sportif où il baladait son appareil photo depuis la fin des années 90, toujours à l’affût de LA photo. Quel Lion indomptable ne connaissait pas celui que tous surnommaient « le blanc » ? JJ ne manquait aucune compétition de la sélection fanion de football. Les CAN, les Coupes du monde et des Confédérations, les Jeux olympiques. Rarement un match des Lions depuis 2000 se jouait sans lui.

« Je l’ai connu en 2003 lors de la Coupe des Confédérations en France. On a été de grands amis autour des Lions car on a couvert des stages, des matchs, et on a même été en clubs voir certains joueurs. On a couvert plusieurs CAN, les Mondiaux 2006, 2010 et 2014. Moi, je faisais la photo de façon occasionnelle et il m’a montré les techniques, les réglages, les cadrages », raconte Jean-Pierre Esso, reporter sportif.

Mais, celui qui s’était installé en France n’hésitait pas à rentrer au pays pour couvrir un tour cycliste ou même un mariage à la demande expresse d’un ami qui sollicitait ses services et pas ceux de quelqu’un d’autre.

Parce qu’il était comme ça JJ : un homme simple et généreux. Ne vous étonnez donc pas si son agence de photo, baptisée ARAS, n’était pas rentable autant qu’il l’aurait voulu. C’est que Jean- Jacques, qui avait fêté le 16 janvier dernier ses 55 ans, n’hésitait pas à donner, gratuitement, ses images à tous ceux qui le lui demandaient. Ni à transmettre son savoir.

«JJ des ways ou DP comme je l’appelais en a formé beaucoup, dont moi et il m’a permis de couvrir ma première Coupe du monde (2018). Quand il transmettait ses connaissances, c’était ses plus beaux moments. Sa présence seule rehaussait un évènement et son humour détendait toujours tout le monde », témoigne Frida Nolla, reporter-photographe. Difficile aussi de ne pas penser à l’héritage photographique qu’il laisse derrière lui.

« Quand il dans toutes les positions possibles. Comme ça, il avait un large éventail », explique Jean-Pierre Esso. A cet égard, il disposait certainement de l’une des photothèques les plus fournies du continent. « J’espère que ses ayant droits vont permettre qu’on puisse faire une exposition sur les Lions parce qu’il avait des tonnes de photos », conclut son vieux compagnon de route qui, comme de nombreux autres, doit se sentir bien seul maintenant que JJ n’est plus là. En chair…

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