Nigéria: la difficile équation de la présidentielle

Le système électoral nigérian, la situation économique et la personnalité des deux principaux candidats rendent l’issue du scrutin incertaine.

La présidentielle du 16 février est un véritable cassetête pour les observateurs et analystes politiques. Il est en effet difficile de dire avec précision à qui iront les suffrages des 84 millions d’électeurs enregistrés. La campagne électorale a notamment mis les deux grands blocs politiques face à leurs insuffisances notamment sur le plan économique. De l’avis général, la situation économique du pays n’est pas reluisante. Et chaque camp a sa responsabilité dans cette sitauation. Difficile dès lors de se présenter en sauveur ou en rédempteur absolu. Les principaux candidats ont compris qu’il fallait gaver les électeurs de promesses de prospérité et ils s’en sont donné à coeur joie. Mais, sans garantie d’emporter l’adhésion des électeurs. Sur le plan pratique, le scrutin de samedi n’est pas également très lisible. Si traditionnellement le choix des candidats au Nigeria met en avant leurs origines ethniques et leur religion, cette année, les électeurs vont devoir voter pour d’autres raisons. Les principaux candidats Muhammadu Buhari et Atiku Abubakar sont tous les deux des musulmans haoussas du Nord. Ils vont donc devoir se montrer très convaincants vis-à-vis de leurs « frères » avant de s’attaquer au reste du pays. Dans les Etats du Nord du Nigeria, qui constituent le plus important vivier de voix, les candidats de l’APC et du PDP ne manquent certainement pas de soutiens. Mais il leur faudra faire le plein des voix dans cette partie du pays pour espérer remporter la victoire. Et ce n’est pas gagné d’avance.

Pour la victoire finale, l’impact du colistier de chacun des candidats devrait être déterminant. Muhammadu Buhari compte sur son actuel vice-président, Yemi Osinbajo. Ce pasteur Yoruba jouit d’une popularité certaine dans le Sud-ouest du pays et devrait amener d’importants soutiens. Atiku Abubakar a misé pour sa part sur Peter Obi comme vice-président et pourrait fructifier le capital de sympathie de cet ancien gouverneur de l’Etat d'Anambra dans le Sud-est. Ce chrétien de l'ethnie Igbo peut drainer des électeurs de sa communauté sur le ticket qu’il forme avec Atiku Abubakar. Du reste pour sortir vainqueur d'une élection au Nigeria, il faut absolument tenir compte de l’alchimie entre les trois groupes communautaires majoritaires que sont les Haoussa, les Yorouba et les Igbo. Mais techniquement pour l'emporter, obtenir la majorité des voix au niveau fédéral et au moins 25% des suffrages dans au moins 2/3 des Etats, soit 24 sur 36.

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