Nigeria: jusqu’au bout du suspense

Le pays tout entier retient son souffle en attendant le duel qui oppose demain deux vieux briscards de l’arène politique nationale.

Ce samedi 16 février, les Nigérians vont élire leur président de la République pour les quatre prochaines années. Ce rendezvous électoral majeur met en lice 73 candidats officiellement enregistrés par la Independent National Electoral Comittee (INEC) qui chapeaute l’organisation matérielle des élections. Mais en cours de chemin, deux candidats se sont retirés et ce sont finalement 71 personnalités qui vont briguer les suffrages des électeurs des 36 Etats fédérés et du territoire de la capitale fédérale Abuja.

Quoi qu’il en soit, le scrutin présidentiel de ce samedi ne va pas échapper à la tradition nigériane depuis le retour à la démocratie en 1999. Il va se résumer en un duel entre les candidats des deux principaux partis politiques du pays que sont le All Progressives Congress (APC) et le People’s Democratic Party (PDP).

Le président sortant, Muhammadu Buhari va ainsi défendre les couleurs de l’APC face à Atiku Abubakar, porte-fanion du PDP. Ce sont ces deux candidats qui depuis le mois de novembre 2018 date du démarrage de la campagne électorale, tentent de convaincre la majorité des électeurs nigérians. La bataille pour le graal d’Aso Rock, siège de la présidence nigériane, s’est en effet résumée en un duel entre deux habitués des joutes politiques locales.

L’un est l’actuel président du pays et l’autre a été vice-président pendant huit ans sous le règne d’Olusegun Obasanjo (1999-2007). Et c’est cette affiche alléchante qui tient les électeurs en haleine au moment même où le Nigeria fait face à un ralentissement de son économie, avec la menace terroriste de la secte islamique Boko Haram pas totalement écartée. Par ailleurs, le pays reste miné par une corruption endémique. Résultat : l’essentiel de la campagne électorale des principaux candidats a tourné autour de trois thématiques majeures : la relance de l’économie, la lutte contre la corruption et la restauration de la sécurité. Qui va remporter la victoire ? Bien malin est celui qui peut l’affirmer.

Le scrutin s’annonce en effet très serré entre Muhammadu Buhari et Atiku Abubakar. Les deux candidats ont drainé des foules importantes lors de leurs meetings. Mais cela sera-t-il suffisant pour être élu ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, c’est qu’il y a de l’électricité dans l’air. Les candidats de l’APC et du PDP n’ont pas arrêté de s’attaquer verbalement à la limite de la décence. En outre, l’on a enregistré de nombreux incidents qui ont causé des pertes humaines, d’où la grande vigilance à laquelle exhortent par la société civile nigériane et la communauté internationale. Les candidats à la présidentielle ont même été invités à signer un accord national pour la paix, une sorte de code de bonne conduite, visant à les dissuader de comportements violents d’une part, et constituant d’autre part un engagement à respecter le verdict des urnes.

Par ailleurs, le scrutin présiden tiel du 16 février constitue un défi majeur pour la Commission électorale, INEC qui doit pouvoir garantir la sincérité, l’intégrité et la transparence du vote des plus de 80 millions d’électeurs enregistrés. Le président de cet organisme, Mamhood Yakubu a multiplié les sorties ces dernières heures pour rassurer tout le monde sur le bon déroulement de l’élection. Mais qu’à cela ne tienne, de nombreux acteurs redoutent des incidents. C’est donc dans un environnement délétère que les Nigérians vont voter ce samedi.

Mais, le scrutin présidentiel dans le pays le plus peuplé du continent et la première économie d’Afrique sera du reste particulièrement suivi. De nombreux observateurs nationaux et internationaux ont été accrédités pour suivre le déroulement des opérations électorales. Et d’ici le début de la semaine prochaine, l’on saura qui est le prochain président du Nigeria pour les quatre prochaines années.

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