Présidentielle nigériane : encore une semaine d’attente…

La Commission électorale nigériane a reporté l’élection présidentielle au 23 février prochain.

84 millions de Nigérians étaient attendus aux urnes samedi dernier, 16 février. Mais, ce jour-là au petit matin, le patron de la Independent National Elections Commission (INEC), Mahmood Yakubu, a douché l’enthousiasme observé ces derniers jours tant chez les acteurs politiques que des citoyens nigérians. Pour « garantir des élections justes, libres et crédibles », l’INEC a décidé de reporter l’élection présidentielle et les législatives d’une semaine. Depuis samedi matin, le pays est en émoi et les questions fusent de toute part pour comprendre les raisons de ce report tardif. Toujours est-il que samedi en début d’après midi, l’organe en charge de l’organisation des élections a convoqué les principaux acteurs du processus électoral, notamment les partis politiques et les nombreux observateurs électoraux déjà présents sur le terrain pour donner plus d’explications sur le report.

En gros, Mahmood Yakubu met en avant des problèmes logistiques qui ont empêché l’INEC de déployer à temps le matériel électoral sur l’ensemble du territoire. «Les conditions météorologiques ont empêché les avions d’atterrir dans l’Etat d’Enugu, des bases de INEC contenant du matériel électoral ont brûlé dans les Etats d’Anambra, d’Abia et du Plateau; plus de 4000 lecteurs de cartes numériques ont également disparu dans un Etat», a notamment déclaré Mahmood Yakubu. Il a par ailleurs insisté sur l’immensité du territoire nigérian pour implorer l’indulgence de tous, face à ce qu’il considère comme un regrettable incident  qui sera corrigé dans une semaine, a-t-il promis

En dépit de la bonne foi clamée par l’INEC, le report des élections passe mal auprès de la classe politique qui l’a unanimement condamné. La séance de catharsis organisée samedi après midi au Centre international de conférence d’Abuja entre les partis politiques et INEC a délié les langues. Plusieurs acteurs politiques ont mis en relief ce qu’ils considèrent comme l’échec patent de la Commission électorale à organiser les élections alors qu’elle a eu quatre ans pour le faire. Davantage, les acteurs politiques s’indignent de l’annonce tardive du report et de ses implications sur les finances des partis notamment. Les plus radicaux ont tout simplement demandé la démission des dirigeants de l’INEC. Néanmoins, après toutes les manifestations de déception et de frustration des acteurs politiques, ils ont accepté le principe du report en engageant la Commission à faire le nécessaire pour qu’il n’y ait pas de nouveaux couacs samedi prochain. A ce propos, Muhammadu Buhari, le président sortant, candidat du All Progressives Congress (APC) a invité l’INEC à garantir l’intégrité du processus électoral, puisque du matériel électoral avait déjà été déployé sur le terrain dans certaines régions. Atiku Abubakar, le candidat du People’s Democratic Party, a, dans un communiqué, fustigé le report et laissé entendre qu’il s’agissait d’une manœuvre du gouvernement pour préparer des fraudes.

Quoi qu’il en soit, les électeurs nigérians vont devoir ronger leur frein jusqu’à samedi prochain. Une attente que l’on présume stressante, car le patron d’INEC a insisté sur le fait que la campagne était terminée.  

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