Présidentielle nigériane : le défi de la crédibilité

Le report des élections met la Commission électorale nationale indépendante sous pression.

L’INEC sera assurément l’institution nigériane la plus scrutée cette semaine. Sa décision de reporter d’une semaine le scrutin présidentiel prévu samedi dernier ne lui a pas valu que des amis. Désormais la Commission électorale devra offrir de nouveaux gages de sa sincérité et de sa crédibilité.

Le défi logistique est au centre de tout. Le matériel va-t-il enfin être déployé partout où il est attendu ? Telle est la principale interrogation des observateurs. Par ailleurs, une bonne partie du matériel électoral ayant déjà été déployée sur le terrain, il faudrait renforcer les mesures de sécurisation de celui-ci. Le président nigérian Muhammadu Buhari a du reste enjoint l’INEC de veiller à ce que le matériel électoral ne se retrouve pas entre les « mauvaises mains ». Au-delà du matériel, il est également question de redéployer les agents électoraux aux quatre coins du pays.

Ceux-ci seront chargés d’après le président de la Commission électorale de reconfigurer près de 180 000 lecteurs de cartes d’électeur. Cette opération est indispensable pour la crédibilité du scrutin. En effet, les lecteurs servent à vérifier la validité des cartes d’électeur. La destruction de plusieurs milliers de lecteurs de cartes a été une des raisons essentielles du report.

La commission électorale va affronter un autre challenge qui n’est pas négligeable : la remobilisation des électeurs. L’INEC devra convaincre les citoyens nigérians d’aller aux urnes samedi prochain. Cette mission n’est pas aisée tant, les 84 millions d’électeurs potentiels nigérians ne s’étaient guère montrés euphoriques durant la campagne.

Toutes les opérations de propagande politique étant suspendues depuis jeudi dernier, c’est la Commission électorale qui devrait continuer la sensibilisation des électeurs. Au regard d’une campagne de l’avis général moins enfiévrée que d’habitude,  la principale inquiétude des observateurs est que le taux de participation au scrutin de samedi prochain ne soit pas très élevé. Les stratèges de l’INEC sont dès lors dos u mur pour garantir un vote massif des Nigérians.

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