Les cultivateurs doivent attendre la saison pluvieuse prévue au mois de mars.

Pr. Armaté Amougou, directeur de l’Observatoire national sur les changements climatiques.

Quelles sont les raisons des fortes précipitations qu’on enregistre en ce moment ?

Nous avons publié au début du mois de décembre dernier un bulletin sur la saison sèche dans les cinq régions agroécologiques du Cameroun. Dans ce bulletin, l’Observatoire national sur les changements climatiques avait prédit que pendant la saison sèche dans le Centre, l’Est et le Sud, régions agro-écologiques à pluviométrie bimodale, nous aurons des quantités de précipitations supérieures à la moyenne. Pendant la deuxième période de 2018, il y a eu dans le pacifique ce qu’on appelle le début de l’épisode El Nino. C’est un courant marin chaud qui part des zones chaudes de l’Asie vers la côte du Pérou. Et la traversée de cette grande masse d’eau chaude entraîne une perturbation globale des conditions climatiques. Ceci s’explique dans notre zone par des précipitations inattendues en termes de quantité bien qu’étant en saison sèche.

Quel impact ce phénomène a-t-il sur la vie des populations?

On observe qu’en pleine saison sèche, on enregistre des orages et des pluies diluviennes qui se traduisent par des destructions telles qu’on a pu observer ça et là dans la région du Centre, notamment dans la Lékié. Et pour ceux qui ont cultivé dans les zones de bas fond parce qu’ils voulaient utiliser le peu d’eau qui s’y trouve pendant la saison sèche, ceux-ci se retrouvent subitement avec l’arrivée de beaucoup d’eau causant la destruction des cultures. Sur le plan de la santé, l’arrivée de cette pluie entraîne une mauvaise qualité de la ressource en eau et expose aux maladies hydriques, notamment les diarrhées, les typhoïdes, entre autres. Sur le plan positif, pendant la saison sèche, beaucoup de plantes meurent, ce qui entraîne un stress hydrique. L’arrivée de ces précipitations permet aux plantes de résister un peu plus en attendant la saison des pluies. Autre pan positif, l’arrivée de ces pluies réduit les grandes poussières qui ont un impact terrible sur la santé en termes des maladies respiratoires comme la méningite.

Quels conseils pouvez-vous donner aux agriculteurs ?

Les agriculteurs ne doivent surtout pas se précipiter dans la culture. Actuellement, c’est le stade de la préparation de l’espace. Celle-ci consiste à défricher et à nettoyer les champs. Les cultivateurs doivent prendre leur mal en patience et attendre la saison encore pluvieuse prévue à partir du mois de mars. Même si on observe des brouillards permanents liés aux gouttelettes d’eau. Ceux-ci disparaissent avec l’apparition du soleil. Il s’agit simplement de la présence d’un vent sec lié à l’harmattan. A cet effet, l’Observatoire national sur les changements climatiques produira un bulletin très détaillé avec un calendrier agricole.

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