Screening: l’arme de Bekolo

Lundi 25 février 2019, la projection de « Miraculous Weapons», le film du réalisateur camerounais en lice pour l’Etalon d’or a fait salle comble.

Il est de tradition au Fespaco, que le réalisateur d’un long métrage en lice pour l’Etalon d’or de Yennenga fasse une entrée solennelle dans la salle de projection. Difficile de le louper. Encerclé de danseurs, de chanteurs et d’instrumentistes, il est coiffé d’un Saponé, le chapeau traditionnel du Burkina Faso. Jean-Pierre Bekolo, auteur du film « Miraculous Weapons » en course pour la prestigieuse récompense du cinquantenaire, s’est plié à ce rituel lundi dernier. A 16h, heure prévue pour la présentation de son film au Ciné Burkina de Ouagadougou, c’est dans une salle comble que le cinéaste camerounais a débarqué. La journée camerounaise du cinéma s’étant greffée à cette projection, le public a eu droit en amont à deux vidéos sur les performances des Camerounais au Fespaco depuis la création de ce grand rendez- vous de la culture africaine. Jean-Pierre Bekolo s’y est distingué à plusieurs reprises, mais celle qui marque son passage à la grande fête du cinéma à Ouagadougou, c’est bel et bien l’année 2007, et l’Etalon d’argent glané par le réalisateur camerounais avec « Les saignantes ».

12 ans après, le voilà de retour au plus haut sommet de la compétition, cette fois-ci avec « Miraculous Weapons » (Les armes miraculeuses). 104 minutes d’une intrigue profonde, philosophique, mais finalement réaliste. Car Bekolo, audelà de cet enrobage avantgardiste qui fait sa signature et qui pourrait offusquer les « peu ouverts d’esprit », traite de la négritude, de la peine de mort, de la solitude, du racisme, de l’amour, de la femme. Un vaste échantillon proposant tous les contours possibles afin de pousser la réflexion à l’extrême. Il aime bien titiller nos méninges Jean-Pierre Bekolo, nous faire franchir des lignes qu’on ne pensait pas réelles un seul instant.

« Miraculous Weapons », dans des décors confinés en général (un parloir à la prison, une cuisine, une chambre…) crée une intimité forte entre ses quatre principaux personnages. Un homme, Djamal Okoroko, autour duquel gravitent trois femmes : Lesidi, Laurence et Stéphanie. Le contrat émotionnel est aussi conclu avec le spectateur, témoin de la passion brûlante de ce rectangle amoureux. La Sud-Africaine Xolile Tshabalala, (dans le rôle de Lesidi), actrice et coproductrice du film, était de la partie lundi dernier au Ciné Burkina. Très applaudie par la salle au terme du visionnage, elle n’a pas caché son voeu de voir Jean- Pierre Bekolo soulever la statuette dorée samedi prochain. Encore trois jours de patience…

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