Caméra: les projections prennent de l’air

Neuf films sont montrés chaque soir à différents points de Ouagadougou, à l’initiative du Cinéma numérique ambulant Afrique.

Ala belle étoile, ils ont tous les yeux rivés sur un grand écran, dressé dans la cour du Maquis Le Festival. Cet espace culturel est aussi le siège du Cinéma numérique ambulant (CNA) en Afrique, situé à la Cité An III à Ouagadougou. Quelques heures plus tôt, ce dispositif était installé par les personnels de cette association. Ce lundi soir, les cinéphiles n’ont d’yeux que pour trois jeunes femmes dans le vent, héroïnes de « Dhalinyaro » (Jeunesse), le tout premier film de la réalisatrice Lula Ali Ismail (Djibouti). A la modération de cette soirée en plein air, la Camerounaise Stéphanie Dongmo, présidente du CNA Cameroun et responsable de la communication du CNA Afrique. Au terme du jeu de questions-réponses entre le public et la réalisatrice présente, c’est avec enthousiasme qu’elle remercie les participants d’avoir fait le déplacement à cette séance gratuite.

Parmi la trentaine de cinéphiles, des personnes incapables de se payer un ticket en salle. Sana Saté, une jeune élève, est du lot. Elle a aimé le film et s’identifie aux personnages. « Je suis encore au lycée comme elles, et je vis certaines situations qu’elles rencontrent. J’ai lu le synopsis sur un prospectus ramassé en ville et je me suis promis de venir le regarder », dit-elle. Promesse tenue. Comme elle, de nombreux fans du 7e art se regroupent dans les points fixes et mobiles de la ville et ses environs, inscrits dans l’agenda de ce cinquantenaire du Fespaco. Une soixantaine de projections auront ainsi lieu du 21 février au 1er mars. Une rétrospective des films des 23 Etalons d’or de Yennenga sera proposée, ainsi que d’autres morceaux choisis par Wend- Lassida Ouedraogo, président du CNA Afrique et son équipe. Le 25 février dernier, le CNA a d’ailleurs tenu une conférence de presse avec pour point central ses activités sur le continent. L’histoire du CNA avec le Fespaco commence en 2005. Ce partenariat s’est pérennisé, car depuis cette date, le CNA installe son village dans la capitale du 7e art africain pendant une semaine, en marge du festival. « Si le Fespaco a eu 50 ans, nous voulons que dans les 50 prochaines années, le CNA soit lui aussi toujours là », souhaite Stéphanie Dongmo. Ce réseau international d’associations indépendantes de cinémas mobiles installées en France et dans huit pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Mali, Niger, Sénégal et Togo), diffuse des films du patrimoine cinématographique africain dans des coins où il y a très peu de chance de les découvrir. Cette action va de paire avec la notion de sensibilisation, par des documentaires destinés à alerter les populations sur des graves problèmes de santé ou de société. Cette oeuvre de promotion du cinéma africain (1200 séances de projection et 300.000 spectateurs par an) veut gagner du terrain et s’étendre un peu plus sur le continent.

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