Fespaco: le Rwanda, roi à Ouaga

Le pays d’honneur de ce cinquantenaire repart avec l’Etalon d’or de Yennenga grâce au film « The Mercy of The Jungle », de Joël Karekezi.

Il a déjoué tous les pronostics. Quand le titre « The Mercy of the Jungle » retentit dans le Palais des Sports de Ouagadougou au terme de la cérémonie de clôture samedi dernier, beaucoup sont surpris. Pourtant, c’est bien ce film rwandais que le président de la République du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, vient de désigner, se faisant le porte-voix du jury des longs-métrages coiffé par l’Algérien Ahmed Bedjaoui. Fendant la foule d’un pas rapide et assuré, le jeune réalisateur rwandais, Joël Karekezi monte sur le podium, sous le regard admiratif du public et de tout le monde du cinéma africain. Il va recevoir son trophée des mains du président de la République du Rwanda, Paul Kagame.

Ce pays de l’Afrique de l’Est a décidément réussi à capter toute la lumière des projecteurs, lui qui était l’invité d’honneur des 50 ans du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Le verdict est rendu. L’image, forte et symbolique, de ce jeune homme recevant la statuette dorée revisitée pour l’occasion, s’ins crit dans les mémoires, parmi les milliers d’autres enregistrées durant la dizaine de ce cinquantenaire. Ce moment tant attendu est venu ponctuer trois heures de célébrations. La conclusion de cette 26e édition historique du Fespaco sacre le cinéma rwandais. Joël Karekezi se trouve à présent dans la lignée des grands noms du 7e art africain.

Plus sobre que l’ouverture au Stade municipal le 23 février dernier, la fête de clôture du Fespaco s’est tout de même déroulée en présence de trois chefs d’Etat africains. En plus des présidents de la République du Burkina Faso et du Rwanda, les lauréats ont reçu leurs trophées devant Ibrahim Boubacar Keita, chef d’Etat malien. Le cinquantenaire du Fespaco chargé de mémoire et de vécu, a finalement remballé. D’après le délégué général du festival, Ardiouma Soma, sur plusieurs plans, le comité d’organisation peut se satisfaire du déroulement du cinquantenaire. En termes de participation en salles, le Fespaco a réussi son pari, si l’on en croit les chiffres donnés par Ardiouma Soma.

« 434 séances de projection en huit jours dans neuf salles. 68 autres séances dans les quartiers périphériques de la ville de Ouagadougou et dans les communes environnantes. Plus de 145 millions de Fcfa ont été distribués pour le palmarès et les prix spéciaux », a-til souligné. De nouveaux horizons s’ouvrent pour le Fespaco. En at tendant les 50 prochaines années, la capitale du Burkina Faso attendra dans deux ans ses festivaliers, pour écrire d’autres pages dorées.

 

Palmarès officiel Fespaco 2019

 

Fictions longs métrages

Etalon d’or de Yennenga

« The Mercy of The Jungle » de Joel Karekezi (Rwanda)

Etalon d’argent

« Karma », Khaled Youssef (Egypte)

Etalon de bronze

« Fatwa », Mahmoud Ben Mahmoud (Tunisie)

Meilleure interprétation masculine

Marc Zinga, dans le film « The Mercy of The Jungle » de Joel Karekezi (Rwanda)

Meilleure interprétation féminine

Samantha Mugatsia, dans le film « Rafiki », Wanuri KAHUI (Kenya)

Meilleur scénario

« Regarde-moi » (Look at Me), Nejib Belkadhi (Tunisie)

Meilleure image

« Mabata Bata », Joao Luis Sol De Carvalho (Mozambique)

Meilleur son

« Karma », Khaled Youssef (Egypte)

Prix de la meilleure musique

« Sew The Winter to My Skin », Qubeka  Jahmil X.T (Afrique du Sud)

Prix du meilleur décor

« Desrances », Apolline Traore (Burkina Faso)

Prix du meilleur montage

« Mabata Bata », Joao Luis Sol De Carvalho (Mozambique)

Prix Oumarou Ganda

« Ila Akhir Ezzaman » (Jusqu’à la fin des temps), Yasmine Chouikh (Algérie)

 

Fictions courts métrages

Poulain d’or

« Black Mamba », Amel Guellaty (Tunisie)

Poulain d’argent

« Une place dans l’avion », Khadidiatou Sow (Sénégal)

Poulain de bronze

« Un air de Kora », Angèle Diabang (Sénégal)

 

Documentaires longs métrages

Etalon d’or

« Le loup d’or de Balolé », Aïcha Boro (Burkina Faso)

Etalon d’argent

« Au temps où les Arabes dansaient », Jawad Rhalib (Maroc)

Etalon de bronze

« Whispering Truth to Power », Shameela Seedat (Afrique du Sud)

Prix Paul Robeson du meilleur documentaire de la diaspora

« Meu Amigo Fela » (Mon ami Fela), Joel Zito Araujo (Brésil)

Mention spéciale du jury

« Ntarabana », François Woukoache (Cameroun)

 

Documentaires courts métrages

Poulain d’or

« Against All Odds » (Contre toute attente), Charity Resian Nampaso/Andréa Iannetta (Kenya/Italie)

Poulain d’argent

« Zanaka-Teny Nomen’i Felix » (Ainsi parlait Félix),  Nantenaina Lova (Madagascar)

Poulain de bronze

« Tata Milouda », Nadja Harek (Algérie/France)

 

Séries télévisuelles africaines

Premier  prix

« Petites histoires, grandes vérités »,  Ambrose B. Cooke (Ghana)

Films d’animation

Premier prix

« Briska », Nadia Rais (Tunisie)

Prix du jury

« Da Tsysy Da » de Tojo Niaina Rajaofera (Madagascar)

 

Films des écoles africaines de cinéma

Premier prix

« Incompris », Jaurès Koukpemedji, de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (ISMA) (Bénin)

Deuxième prix

« Maison de retraite »,  N. Ismaël Césaire Kafando, de l’Institut supérieur de l’image et du Son/Studio Ecole/ISIS/SE (Burkina Faso)

 

Prix spéciaux

Prix Sembene Ousmane

« Les armes miraculeuses », Jean-Pierre Bekolo (Cameroun)

Prix de la ville de Ouaga

« Desrances », Apolline Traoré (Burkina Faso)

Prix Thomas Sankara

« Black Mamba », Amel Guellaty (Tunisie)

 

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