Film: nos racines à valoriser

« Sur mes pas » de la productrice Madeleine Autet a été présenté récemment à Douala.

Le film « Sur mes pas », de la Camerounaise Madeleine Autet, a été récemment présenté à Douala. L’opus plonge au coeur de nos us et coutumes, qui aujourd'hui semblent menacés de disparition à l'aune d'une lecture dévalorisante faite par la jeunesse. En trois fresques, sur la musique, la médecine traditionnelle et la cuisine, le film parcourt notre identité culturelle construite des siècles durant.

Côté musique, elle oppose un tenant de la création à l'ancienne, Eko Roosevelt, à un jeune slameur. Eko explique comment écrire, composer, agencer les sons et enfin, mettre tout cela en musique. Alors qu’aujourd'hui, avec notamment la technologie, les sons sont mis en boîte et l'artiste n'a plus qu'à poser sa voix. S’agissant de la médecine, celle traditionnelle met en osmose l’Homme et son milieu, en apportant des solutions aux patients.

Le rituel est défini, comme on peut le voir avec Kabien Sassa, spécialiste de la pharmacopée qui s’est appuyé sur les pygmées Baka, et Emmanuel Apoth, tradi-praticien familier des plantes. Mais ici, il faut être initié. Entre le geste banal consistant à couper une feuille et la décoction finale, il faut du temps. Un temps que les jeunes n'ont pas ou plus du tout, sans oublier la "répugnance" pour certains de ces individus qu'ils appellent parfois sorciers...

Discours de circonstance, pour l’anthropologue François Bingono Bingono. « L'homme africain, quel que soit son rang social est essentiellement spirituel. Il tient un discours le jour, mais la nuit venue, il est le premier à se rendre chez le sorcier ». Dernière fresque du film, l’art culinaire. Elle y présente la préparation de mets traditionnels, notamment celui de pistache dans les noces traditionnelles.

On redécouvre l'engagement des femmes, les rôles joués selon la catégorie d'âge etc. Dans la vie de l'africain, l'art culinaire occupe une place de choix. A chaque événement ou moment de la vie correspond un type de cuisine. On ne prépare pas le poulet du père comme celui du beau-fils ou du neveu. Cerise sur le gâteau, outre l’aspect nutritif, la cuisine africaine soignait aussi.

Au final, le film appelle à la restauration de l’identité culturelle africaine. « Aucun peuple ne s’est développé sur la base d’une autre culture. Aucun peuple ne s'est développé sur la base d'une autre religion », dira François Bingono Bingono.

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