« On a besoin d’avoir des projets d’une plus grande dimension »

Dieudonné Bondoma Yokono, président du Carpa.

Où en est-on avec la mise en œuvre des projets déjà contractualisés dans le cadre des PPP ?

Depuis le début effectif des activités du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat, de nombreux projets ont été contractualisés dans divers domaines de la vie socio-économique. Nous avons ainsi des contrats de partenariat actuellement actifs dans les secteurs de la santé, des transports, de l’habitat, des systèmes d’information, de l’aménagement urbain.

Parmi ces contrats, deux sont à ce jour achevés. Il s’agit des projets de fourniture et maintenance des équipements de dialyse et d’imagerie à résonnance magnétique à l’Hôpital général de Douala. Dans une perspective immédiate, nous avons la construction des entrepôts publics au Port autonome de Douala dont l’adjudication a été prononcée il y a quelques jours, par le Premier ministre, chef du gouvernement. Mais, il faut dire qu’on a besoin d’avoir des projets d’une plus grande dimension. C’est cela le défi que nous devons relever aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle nous nous investissons dans la sensibilisation, parce que nous pensons que les porteurs des projet de très grande taille doivent s’impliquer davantage pour permettre que la loi de 2006 sur le régime général des contrats de partenariat puisse produire son plein effet.

Un séminaire de haut niveau sur le cadre réglementaire et légal vient de se tenir à Yaoundé. Comment est-ce que cet aspect va améliorer la performance des projets en PPP ?

Ce séminaire visait la sensibilisation à un très haut niveau sur l’importance à mettre en œuvre des projets en PPP au regard de l’ampleur des besoins infrastructurels qui subsistent. Le séminaire a permis de voir que le contrat de partenariat comporte des avantages tels que le préfinancement privé, la mission globale confiée au partenaire privé, le partage des risques. Le séminaire a aussi permis de voir la nécessité qu’il y a à développer des projets non seulement bancables, mais soutenables du point de vue des finances publiques. C’est donc dire que si le contrat de partenariat est susceptible d’apporter une réponse appropriée à la résorption de notre gap infrastructurel, il est important de bien préparer les projets. Ceux-ci doivent être bancables. Pour qu’ils le soient, toutes les études doivent être disponibles. Cela permet ainsi, d’une part, la bonne appréciation de la rentabilité de ces projets par les potentiels partenaires privés et, d’autre part, la préservation de la viabilité de nos finances publiques. Il faudrait veiller à ce que les PPP n’exposent pas les finances publiques du pays.

Quelles sont les difficultés identifiées dans l’implémentation des projets en PPP ?

Ces difficultés sont de plusieurs ordres. Au plan juridique, il y a, entre autres, le problème du champ d’application du régime des contrats de partenariat, avec notamment le risque d’interpréter diversement la notion de grande envergure. Il y a également le problème de la multiplicité des textes, avec la coexistence des lois sectorielles dont l’enchevêtrement ne favorise pas toujours une optimisation des effets de la loi portant régime général des contrats de partenariat au Cameroun. Au plan technique et opérationnel, il y a l’insuffisante préparation des projets, et la difficulté à gérer les offres spontanées. Initiées par des privés, sans prise en compte des priorités définies par les administrations sectorielles compétentes.

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