Education: ces élèves rétrogradés

Au terme de la première séquence, certains établissements scolaires ont rétrogradé les enfants qui avaient obtenu une moyenne inférieure à 7/20.

En ce deuxième trimestre, nombre de classes dans différents établissements, à Yaoundé et dans les régions reculées, ne présentent plus les mêmes effectifs qu’en début d’année. Et pour cause : des élèves ont été ramenés en classe inférieure. Le phénomène est notamment visible au collège de la Retraite à Yaoundé, au collège adventiste de Bertoua et dans des établissements de Douala ou du département de l’Océan, région du Sud.

Concrètement, le collège adventiste de Bertoua a rétrogradé l’élève Aline M. de la classe de 3e à celle de 4e. Elle a obtenu une moyenne de 5,40/20 au terme du premier trimestre de l’année scolaire en cours. De source introduite, après constatation du faible niveau de l’élève, la conseillère d’orientation s’est chargée de comprendre, en échangeant avec la concernée, où se situait le problème.

Conclusion, l’élève n’était pas à son réel niveau. Bien que la rétrogradation n’ait pas plu aux parents de l’élève, l’établissement a mis tout en œuvre pour leur faire accepter la décision « pour le bien de leur enfant ». « Caresser les parents dans le sens du poil n’a jamais aidé l’enfant en apprentissage », soutient Nicaise Mobala, préfet d’études du premier cycle du collège adventiste de Bertoua. Au collège de la Retraite, la rétrogradation des élèves n’ayant pas obtenu une moyenne au moins égale à 7/20 dès la première séquence est une règle établie depuis plusieurs années.

Le règlement intérieur prévoit d’ailleurs les cas de figures suivants : exclusion définitive dès la fin de la première séquence (début novembre) pour les élèves ayant une moyenne inférieure ou égale à 05/20, rétrogradation pour ceux dont la moyenne est comprise entre 05,01/20 et moins de 07/20. Ces points du règlement intérieur sont portés à la connaissance des parents à l’inscription et régulièrement rappelés aux élèves pendant les rassemblements, afin que nul n’en ignore. La rétrogradation des élèves n’est pas l’apanage des établissements du second cycle.

Le phénomène a également cours dans le primaire. Cas du petit Roger, de l’école primaire bilingue La pépinière à Bertoua, propulsé en Form 4 à la rentrée, puis ramené en classe de CE1. « Sa maman avait souhaité qu’il fasse la section anglophone alors qu’il avait commencé ses classes à Figuil à la section francophone. Avec son bulletin rassurant, personne ne se doutait de ce que cet enfant allait se perdre à un moment. Sa moyenne de 5/20 a prouvé qu’il n’avait aucune base en anglais », explique la directrice de l’éta blissement, Henriette Meledie épouse Dja.

Dans le département de l’Océan, ces cas prospèrent. Au début du deuxième trimestre, six enfants du CM1 ont été ramenés au CE2 dans une école publique située entre Kribi et Bipindi. 13 autres du CM2 ont été rétrogradés au CP, ils ne savaient ni lire, ni compter encore moins écrire. Selon Nicaise Mobala du collège adventiste de Bertoua, plusieurs autres raisons peuvent pousser un établissement à rétrograder un élève. Entre autres, la tricherie. « Un enfant qui triche évolue avec des notes excellentes sans même comprendre les leçons. A un moment donné, son réel niveau le rattrape et on ne peut faire autrement », soutient l’éducateur.

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