Bâtiment: la ruée vers le bambou de Chine

Suite à la suspension de l’usage des perches par le ministère des Forêts et de la Faune, cette ressource est désormais sollicitée pour la préparation des dalles.

Le bambou de Chine fait désormais partie de l’univers des dépôts de bois à Douala. Entreposés par centaines à côté des planches, des piquets apportent une touche de vert à ces établissements. Ils sont utilisés en remplacement du bois de perche, interdit d’exploitation par le ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) depuis le 21 avril 2016.

Pour les spécialistes du bâtiment, cette solution est plutôt avantageuse. « Le bambou de Chine rest réputé pour sa solidité et que robustesse quand nous coulons les dalles. Bien conservés, les mêmes bambous peuvent être utilisés dans d’autres chantiers. Ils sont donc meilleurs que certaines essences forestières », explique Rodrigue Edou, ingénieur des travaux de génie civil. « A Hong-Kong en Asie, le bambou de Chine est même utilisé pour les échafaudages », ajoute-t-il.

Les rares informations liées à la valeur financière varie d’un acteur à l’autre. « Le prix de vente au client final dépend de la longueur et de la grosseur du bambou. Il varie de 300 à 500F l’unité. Le prix de livraison par nos fournisseurs va de 250 à 300F l’unité », renseigne un tenancier de dépôt de boisqui précise que les bambous de chine livrés à Douala sont majoritairement prélevés dans les départements de la Haute-Sanaga et du Nkam.

Bien que les principaux acteurs (les exploitants et les revendeurs) communiquent très peu sur les bénéfices générés par la commercialisation du bambou de chine, les quantités stockées dans les dépôts et les prix pratiqués sur le marché sont des indicateurs de la prospérité de ce secteur d’activité.

Selon les responsables de la délégation régionale des forêts et de la faune du Littoral, l’exploitation intensive des perches contribuait à la dégradation des forêts.Quant au bambou de Chine, le potentiel n’est pas menacé pour le moment.

« Les inventaires réalisés entre 2015 et 2016 ont démontré que le Cameroun dispose d’un fort potentiel non valorisé », affirme le chef du service de la promotion et de la transformation des produits forestiers à la délégation régionale du Minfof, Cyrille Ela. Notre source indique également qu’il est important de renforcer le dispositif légal actuel pour mieux encadrer l’exploitation du bambou de Chine au regard de l’intérêt croissant dont il fait l’objet.

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