« Il faut éviter les mariages consanguins»

Dr Orphé Hott, pédiatre en service à l’Hôpital général de Yaoundé.

Est-il possible d’éviter la trisomie 21 ?

La réponse pourrait être d'emblée affirmative si nous étions dans un environnement avec la capacité de faire le caryotypage, c’est-à-dire la cartographie de nos gènes. Cet examen est fait par des spécialistes de l'étude des gènes (généticiens), avec l'aide de laboratoires disposant d'équipements adéquats. Au Cameroun, il me semble que ce plateau technique n'est pas riche, pour ne pas dire qu'il est très pauvre. D’où l'intérêt à encourager les gens à se former dans ce domaine. Ceci étant dit, il faut procéder au dépistage, éviter les mariages consanguins qui augmentent le risque de survenue de cette anomalie et faire un diagnostic clinique précoce, sur la base des signes morphologiques dès la naissance, si possible. L'intérêt, entre autres choses, réside dans le fait que les naissances sont assez souvent rapprochées dans notre contexte. Un enfant dépisté dans une famille doit obliger le médecin à conseiller la famille sur les risques d'une nouvelle naissance d'un enfant malade. D'où l'intérêt de faire consulter tout nouveau-né par un pédiatre ou tout autre personnel de santé averti. Le suivi systématique des enfants en consultation de routine a également tout son intérêt.

Comment peut-on corriger la déficience cognitive d’un enfant atteint de trisomie 21 ?

Il faut avoir posé le bon diagnostic. Ensuite le patient doit être confié à une équipe pluridisciplinaire : pédiatre, neuropédiatre, cardiopédiatre, psychomotricicien, enseignants, du diagnostic. Tout dépendra. Il faut savoir que la maladie peut atteindre plusieurs organes en même temps.

En plus du déficit intellectuel, vous dites que ces personnes peuvent aussi présenter des malformations internes et externes. Comment peut-on les soigner ?

Une fois le diagnostic posé, il faut essayer au maximum de dépister les atteintes des autres organes et systèmes. Cela passe par des prélèvements sanguins, des radiographies, échographies, scanners voire des IRM. Le patient sera par la suite adressé à chaque spécialiste concerné. Les médecins, psychologues, psychomotriciens, encadreurs scolaires...doivent s'atteler à travailler en équipe pour une meilleure prise en charge du patient.

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