Maïmouna: offensive contre le mariage précoce

Le court métrage du réalisateur camerounais, Rodrigue Tchassem, braque les projecteurs sur cette pratique courante dans plusieurs régions d’ici et d’ailleurs

Histoire ! Raconte ! Maïmouna était une adolescente pleine d’ambitions. La jeune lycéenne menait une vie paisible auprès de ses parents aux revenus modestes, qui n’avaient d’yeux que pour elle. Normal, celle-ci faisait leur fierté à travers ses performances scolaires. Tout semblait donc sourire à la jeune fille qui se donnait tous les moyens pour réussir.

Malheureusement, son rêve se brise le jour où son père perd tous ses biens. Bétail décimé et boutiques fermées, il ne trouve d’autre alternative que d’envoyer sa fille de 12 ans en mariage contre une modique somme d’argent. Celle qui avait pour ambition de voler au secours de sa communauté voit son rêve voler en éclats. Elle est désormais réduite aux travaux champêtres et tâches ménagères.

Sans oublier les coups de fouets administrés au quotidien par son mari Garba. Quel sera le sort réservé à Maïmouna ? Raconté en 27 minutes, ce film dépeint le tableau sombre de nom breuses filles issues de la partie septentrionale du Cameroun.

Selon le réalisateur, 90% des filles qui se sont présentées au casting, dont l’actrice principale du film sont passées par là. « Elle revivait cette psychose au point où j’avais peur qu’elle n’aille pas au bout du film. Il fallait par moment la coacher sur le plateau afin qu’elle canalise ses souvenirs », a confié Rodrigue Tchassem, le réalisateur.

Une situation qui a participé à donner plus de vraisemblance au jeu. Il était à des moments difficiles de se laisser transporter par les performances de la jeune Adame Amadou qui a su camper son rôle de Maïmouna de manière remarquable. Tourné dans le cadre d’une campagne de sensibilisation, ce film de commande a reçu un bel accueil. Ceci, du fait de la langue utilisée, le Fufuldé, langue véhiculaire du Septentrion.

Il faut aussi souligner que le choix du décor, la qualité des images, ainsi que les illustrations musicales ont permis à ce court métrage de bénéficier d’une appréciation favorable de la critique. Rodrigue Tchassem a su mettre en exergue le paysage pittoresque de cette partie du pays avec sa savane herbeuse, ses galeries forestières et sa végétation montagnarde dignes d’une carte postale. Produit avec le concours de l’Unicef et du Cinéma numérique ambulant, « Maïmouna » a aussi su marquer le public par l’originalité de son scénario.

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