An 25 du génocide rwanda: Paul Kagame appelle à l’unité et au pardon

Le pays a commémoré hier le triste anniversaire de cette tragédie qui a vu périr 800 000 personnes en 100 jours il y a un quart de siècle.

La tristesse se lisait sur les visages des personnes présentes hier au Mémorial de Gisozi à Kigali au cours de la cérémonie d’allumage de la flamme du souvenir. En présence de plusieurs dignitaires africains, du Premier ministre belge, Charles Michel, et de nombre de ses compatriotes, le président rwandais a donné le coup d’envoi des manifestations marquant ce triste souvenir qui rappelle le massacre de 800 000 tutsi et hutus modérés à coups de machettes et de bâtons perpétrés par les interahamwe, extrémistes hutu.

Malgré la présence des Casques bleus de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) et des Forces françaises de l’opération Turquoise. La cérémonie d’hier marque le lancement d'un deuil officiel annuel de cent jours, durée de ce génocide débuté le 7 avril 1994, au lendemain de l'attentat qui avait coûté la vie aux présidents rwandais, Juvénal Habyarimana, et son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, au 4 juillet 1994, date de la prise de Kigali par le Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion tutsi dirigée par Paul Kagamé.

Au cours de son allocution de circonstance prononcée au Centre de conventions de Kigali, lieu symbole de la modernité et du renouveau national depuis 1994, le chef de l’Etat rwandais a une nouvelle fois convié ses concitoyens à l’unité et au pardon.

Par la suite, Paul Kagame et ses invités ont effectué une marche en direction du stade Amahoro («paix», en kinyarwanda), où a eu lieu une grande veillée. C’est en ces lieux que, sous la protection des Casques bleus de l’ONU, des milliers de tutsis sont allés se réfugier, fuyant les massacres. Hier, le public présent était quelque peu bouleversé en souvenir des tueries de masse qui ont eu lieu en ces lieux. Pour beaucoup dans la foule, cette commémoration placée sous le thème «Kwibuka 25» («Souviens-toi il y a 25 ans», en kinyarwanda, la langue nationale) était plus qu’une épreuve bouleversante comme on pouvait le lire sur les visages.

A l’instar de Guy Verhofstadt en 2000, l’un de ses prédécesseurs, Charles Michel a affirmé que « le génocide est aussi l'échec de la communauté internationale qui n'a pas pu prévenir, qui n'a pas pu empêcher, qui n'a pas pu stopper. Et je me tiens devant vous au nom d'un pays qui veut aussi assumer, les yeux dans les yeux, sa part de responsabilité face à l'histoire».

Le Premier ministre belge s’est par la suite excusé pour la responsabilité de son pays dans cette tragédie. « J'assume ici devant vous la responsabilité de mon pays, des autorités politiques et militaires belges, et au nom de mon pays, au nom de mon peuple, je vous demande pardon pour ça », a-t-il indiqué.

La France, souvent pointée du doigt dans ce carnage, s’est fait représenter par le député Hervé Berville, orphelin tutsi adopté en France en 1994 alors qu’il n’avait alors que quatre ans au moment des faits.

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