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Politique

Personnels communaux: quels profils pour la décentralisation

Pour satisfaire l’électorat ou la famille, les patrons de mairies sont peu exigeants pour recruter. Dès lors, les profils des recrues ne correspondent pas toujours aux postes occupés.

Etat civil, affaires sociales, hygiène et salubrité, urbanisme, etc. Tant de services qui recrutent du personnel pour répondre aux besoins des usagers au sein des communes. La vie à la commune s’apparente ainsi à une administration miniature. Zoom sur les services les plus demandés dans trois mairies de Yaoundé et revue des troupes qui y servent.

Etat-civil : la vitrine

C’est l’un des services les plus demandés. C’est ici que beaucoup de futurs mariés, de parents ou de diplômés se rendent pour se voir délivrer des actes en fonction de leurs besoins. A la mairie de Yaoundé II, ce service est tenu par un vieux de la vielle, recruté comme contractuel en 1996, Patrice Thierry Nga, secrétaire d’état-civil. Il pense que son diplôme d’études universitaires générales en droit de la famille obtenu à l’Université de Yaoundé l’aide à répondre aux besoins de ce service. Ce qui n’est pas toujours le cas de la vingtaine des personnels sous sa responsabilité. A la mairie de Yaoundé VI, le schéma est différent. A la tête du même service, Willy Nseke est pourtant un diplômé de mathématiques appliquées à la physique. Grâce aux formations encouragées par le maire, il s’est en richi de compétences qui correspondent aux besoins du service. C’est le cas pour les autres agents du service qui n’ont pas le même niveau d’études que lui. Un critère essentiel pour le recrutement ici étant la « belle main d’écriture ».

Hygiène et salubrité : la marque de fabrique

Ici, il ne faut pas être exigeant sur le niveau d’études. Il faut le plus souvent du muscle pour curer les caniveaux et débroussailler dans les quartiers. A Yaoundé II, les agents de ce service, homme comme femmes, s’y mettent en tout cas lors des journées dédiées à la propreté. Mais il en faut plus, garantit Florence Minkoumou, chef du service technique à Yaoundé VI. Technicienne des affaires sociales, elle a dû suivre plusieurs formations pour être à la page. Aujourd’hui, elle connaît la valeur de l’éducation et de la sensibilisation de la population en matière d’hygiène et de salubrité. Elle a appris avec le temps mais pense que des personnels spécialisés seraient d’appoint. Seuls trois personnels de la dizaine que compte le service, assurent par exemple l’inspection sanitaire.

Services techniques : recueil de spécialistes

C’est un des volets les plus exigeants de la mairie. Ceux qui y travaillent se doivent ainsi d’avoir un véritable savoir-faire. Les missions assignées concernent entre autres, l’aménagement et l’entretien des routes, l’entretien de l’éclairage public, le montage de dossiers techniques en vue des partenariats. Yaoundé III y met un point d’honneur à avoir un personnel à la pointe. Ainsi, le service y est teu par un ingénieur de génie civil. Pas très différent à Yaoundé VI où un ingénieur occupe les mêmes fonctions. C’est le service qui recrute le plus de techniciens supérieurs en électronique, en mécanique, en bâtiments, entre autres. D’une mairie à l’autre, le recrutement ne correspond pas toujours à des cri tères clairement définis. Selon Jacques Yoki Onana, mairie de la commune de Yaoundé VI, une bonne part du recrutement se fait pour satisfaire l’électorat ou la famille. La conséquence étant la surabondance de personnel pas toujours qualifié. Pour y remédier, il multiplie les formations et le recyclage des personnels présents. L’approche n’est pas très différente pour Otélé Manda, maire de Yaoundé III. Sollicité par plusieurs demandes d’emploi, le maire a pourtant besoin d’une main d’œuvre qualifiée dans des domaines précis. En attendant, il favorise plutôt l’enca drement des jeunes en multipliant des contrats à durée déterminée. Ils ont ainsi plus de chance d’être recrutés à titre permanent en cas de besoin. Arrivé à la mairie de Yaoundé II en janvier 2019, Yannick Ayissi essaie pour sa part de réorganiser le travail pour être efficace avec l’équipe laissée par son prédécesseur avant son décès. Tous reconnaissent l’existence d’un texte définissant les tableaux-types des emplois communaux. Mais, ils demeurent réalistes et s’organisent avec le personnel à disposition pour satisfaire les besoins de leurs collectivités.

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