Soudan: un Conseil militaire aux commandes

Le président Hassan Omar elBéchir destitué hier par l’armée est gardé dans un lieu tenu secret.

La page Hassan Omar el-Béchir à la tête du Soudan s’est définitivement tournée hier à la suite d’un coup de force perpétré par l’armée. Le désormais ex-président soudanais été arrêté et conduit dans un lieu gardé secret par les militaires. Dans une déclaration faite en direct sur les antennes de la télévision publique, le premier vice-président du Soudan et ministre de la Défense a annoncé cette destitution. «J’annonce, en tant que ministre de la Défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef», a indiqué le général Awad Mohamed Ahmed Ibn Auf. L’orateur a par la suite annoncé une série de mesures.

Notamment la mise en place d’un Conseil de transition militaire qui va conduire le pays durant les deux prochaines années, l’état d’ur gence qui sera en vigueur durant les trois prochains mois, la fermeture des frontières et un couvre-feu dès 22 h hier. Dans la foulée, le nouvel homme fort de Khartoum a aussi signalé l’arrestation de plusieurs dignitaires de l’ancien régime et la libération de prisonniers politiques.

Des images abondamment relayées sur les réseaux montraient Hassan Ismaïl, porte-parole du gouvernement, pris à partie par des manifestants, alors qu’il tentait de se sauver. Assigné à résidence surveillée la veille, l’ex-président soudanais caressait toujours l’espoir de garder son poste.

D’autant plus que mercredi, le Congrès national (NCP), formation politique du président déchu avait appelé l’ensemble de ses membres à un rassemblement de soutien à leur champion dans la capitale. Il avait aussi initié depuis quelques jours des négociations avec l’armée pour une sortie de crise. Peine perdue. Car, acculée par la rue, la grande muette finira par prendre fait et cause pour la population. Dans les rues de Khartoum et de plusieurs autres grandes villes du Soudan, la chute d’Hassan Omar el-Bechir a été saluée par des scènes de joie.

Pendant ce temps, les militaires avaient investi tous les lieux stratégiques. L’effondrement du régime d’Hassan Omar el-Bechir marque ainsi l’épilogue d’une vague de manifestations entamées le 19 décembre 2018, suite à une hausse vertigineuse du prix du pain dans le pays. De sources officielles, 49 personnes auraient perdu la vie au cours de ces manifestations.

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