Législatives au Benin: ce sera sans l’opposition

Seules deux formations politiques de la mouvance présidentielle sont en course pour le scrutin du 28 avril prochain à l’issue duquel seront élus les 83 députés de la nation.

Sauf revirement spectaculaire, les élections législatives prévues le 28 avril prochain se tiendront sans l’opposition. Une première pour ce pays, depuis l’avènement du renouveau démocratique en 1990. Selon toute vraisemblance, l’on s’achemine vers une Assemblée nationale monocolore.

Car, seuls l’Union progressiste (UP) et le Bloc républicain (BR), deux formations politiques de la mouvance présidentielle, sont officiellement entrées en campagne depuis vendredi dernier. Conformément au Code électoral, les candidats de ces deux partis politiques ont jusqu’au 26 avril prochain pour défendre leurs projets de société.

En lançant officiellement cette campagne, le président de la Commission électorale nationale autonome (CENA) a tenu à rappeler les enjeux de ce scrutin. « En ces heures d’interrogation et de doute, je voudrais rappeler à chacun d’entre vous que l’enjeu, c’est le Bénin par delà nos divergences et différences politiques. Nous n’avons qu’une seule et commune patrie. Un bien que nous avons reçu de nos aïeux et que nous devons préserver pour les générations futures», a souligné Emmanuel Tiando.

A en croire la CENA, les listes des partis politiques de l’opposition ont été recalées pour défaut de certificat de conformité et de quitus fiscaux. Les espoirs de voir les autorités béninoises revenir sur leur décision de rejeter les dossiers de candidature de l’opposition ont été douchés jeudi soir. Au cours d’un entretien télévisé, le président béninois a balayé d’un revers de la main l’éventualité d’un recours à l’article 68 de la Constitution qui lui donne le droit d’exercer des pouvoirs exceptionnels en attendant une sortie de crise négociée. Ce serait « un coup d’État », a déclaré Patrice Talon. Le chef de l’Etat a tenu à faire savoir que « ce n’est pas parce que ce qui se passe n’honore pas l’image démocratique du Bénin que cela constitue un blocage du fonctionnement démocratique du pays ».

Avant de dénoncer par la suite ce qu’il a qualifié de « perversions » du sys tème. « Les forces politiques présentes au parlement sont en permanence dans des relations incestueuses, perverses avec l’exécutif. Ce sont des négociations de couloirs, toutes sortes de marchandage, et chacun négocie son soutien au président de la République en échange de quelque chose et non en fonction d’un idéal », a-t-il déploré.

Du côté de l’opposition, l’on digère mal cette disqualification. « Je le répète encore une fois. Ces élections ne se feront pas sans les partis de l’opposition. Nous n’accepterons pas cela, c’est plus que clair. Il peut continuer son discours esseulé, il est inaudible», a lancé Guy Mitokpè, député du parti d’opposition « Restaurer l’espoir » de Candide Azannaï.

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