Championnat professionnel de football: retours aux sources

De nombreux joueurs reviennent dans le championnat local après des difficultés lors de leur expatriation.

Cette année, la Ligue de football professionnel (LFPC) a innové lors de sa traditionnelle cérémonie de récompense de fin de saison avec une nouvelle catégorie : celle du « meilleur come-back ». Une initiative destinée notamment à inciter davantage les joueurs au retour au Cameroun et qui a permis d’attirer les regards sur ces joueurs qui, chaque année, reviennent dans le championnat local après une expatriation difficile. « Lors de mon passage en Algérie, j’ai eu des difficultés d’adaptation. Il y avait le climat qui a changé et en même temps, les dirigeants de mon club voulaient que je sois performant tout de suite », explique Rostand Kako, sociétaire d’UMS passé par USM d’Alger en Algérie. Comme lui, d’après la LFPC qui ne possède cependant pas de données précises sur cette catégorie de footballeurs camerounais, ils sont nombreux à avoir fait leur retour ces derniers mois. Entre autres, on recense pêle-mêle Michel Balokog (Union, Nk Domzale, Slovénie), Eric Nsame (Union, Fomac Villarubia, Espagne), Franck Pangop (Union, Orgryte, Suède), Patrick Ngoula (Astres, MCA, Algérie), Ernest Nsombo (Astres, USM, Alger, Algérie), Thierry Makon (New stars, Espérance de Tunis, Tunisie), Junior Atemengue (Apejes, Buriram United, Thaïlande), Emmanuel Mbongo Ewangue (Coton Sport, Recreativo Libolo, Angola), etc.

« Nous avons constaté qu’il y avait de nombreux joueurs qui revenaient dans le championnat camerounais après s’être expatriés. Leur apport pour la compétition et leur expérience pour leurs clubs sont indéniables. Rostand Kako, par exemple, malgré le temps passé à l’infirmerie, a inscrit 11 buts pour UMS. David Eto’o en a marqué huit et a contribué du point de vue de l’image, à la promotion d’Union », explique Richard Emmanuel Tong, responsable de la communication de la LFPC. Les entraîneurs également se réjouissent d’accueillir ces joueurs qui reviennent plus aguerris. Pour certains, ces retours aux sources sont une façon de se relancer avant une nouvelle aventure à l’étranger. Après une pige à Canon cette saison, Patrick Mevoungou s’est ainsi envolé pour la Hongrie. Désigné meilleur joueur du championnat de Ligue 1 la saison dernière, Arouna Dang, après quelques passages à l’étranger, est de nouveau convoité.

« La médiatisation progressive de la Ligue 1 est un stimulant »

Michel Kaham, entraîneur de football.

 

Le retour de joueurs dans le championnat camerounais de football est-il synonyme d'un échec à l'étranger?

Le retour de certains joueurs expatriés peut être considéré comme un échec s'ils avaient le potentiel requis avant de quitter le pays. Quant un joueur moyen revient au pays, ce n’est que normal au vu de la rude concurrence à l’étranger. Cependant, lorsqu'un joueur international  ou jugé objectivement de ce niveau-là, revient, on peut alors parler d’échec. Ce phénomène est dû au fait que certaines équipes camerounaises peuvent donner un minimum de confort aux joueurs et certaines perspectives convaincantes vers l’étranger. La médiatisation progressive de la Ligue 1 et l'accès désormais possibles des joueurs locaux dans la sélection fanion peut aussi être un stimulant. Enfin, tous les joueurs fonctionnent désormais avec des agents qui les aident à gérer leur carrière et peuvent quand c'est nécessaire les pousser à prendre ce genre de décision afin de relancer leur carrière.

Quel impact peut avoir ces joueurs sur leurs équipes et la compétition?

Leur impact sur leur équipe ou sur la compétition dépend une fois de plus de leur potentiel sportif  mais aussi de la qualité de leurs équipes, des championnats et des pays de provenance, venir de l'étranger ne garantissant rien du tout. Cependant, un séjour dans une équipe et un championnat bien structurés peut vous apporter une bonne dose d'attitude professionnelle susceptible de vous rendre plus performant et mieux organisé. Donc, bénéfique pour votre nouvelle équipe. La compétition a besoin de diversité, de stars pour attirer le public.

Le championnat professionnel camerounais est-il suffisamment relevé pour servir de rampe de lancement à des joueurs en quête de visibilité pour s'expatrier?

Le championnat professionnel camerounais est encore en construction et peut devenir à court terme une référence. Cela demande une meilleure organisation et plus de compétences. Dans cette phase cruciale pour le décollage du football professionnel, il faut plus d'humilité, un peu d'ouverture et moins d'exclusions. Malgré ses travers, le football camerounais garde une certaine audience internationale. Le championnat professionnel camerounais est suffisamment couvert par bon nombre d'agents et de scouts à la recherche de talents pour assurer aux meilleurs des ouvertures. Cependant, notre couverture au niveau de la télévision reste faible. Mais pour vendre, il faut un produit de qualité, un championnat  très relevé.

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