Crises: l’Union africaine au chevet du Soudan et de la Libye

Plusieurs chefs d’Etat du continent se sont retrouvés hier en urgence au Caire en Egypte pour trouver des voies de sortie à l’instabilité qui secoue ces deux pays.

En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine (UA), Abdel Fattah al-Sissi, a réuni hier en urgence autour de lui en Egypte au Caire plusieurs dirigeants du continent pour examiner les situations au Soudan et en Libye. Afin d’échanger sur les voies de sortie de ces deux crises, le président égyptien a convié à cette double réunion ses homologues Idriss Déby du Tchad, Ismaïl Omar Guelleh du Djibouti, Paul Kagame du Rwanda, Denis Sassou-Nguesso du Congo, Mohamed Abdullahi Mohamed de la Somalie, Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud et Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA.

Au sujet de la crise au Soudan, les débats ont principalement porté sur la remise du pouvoir aux civils. L’Union africaine a, à l’occasion, réitéré son ultimatum du 15 avril dernier à l’endroit du Conseil militaire de transition aux affaires. Dans son communiqué, le Conseil paix et sécurité de l'UA avait alors sommé le général Abdel Fattah Abdelrahman el-Burhan au pouvoir de passer la main dans un délai de quatorze jours à un régime civil, faute de quoi le Soudan se verrait sanctionné par l’organisation panafricaine. Près de deux semaines après la chute d’Omar el-Bechir, la contestation populaire ne faiblit toujours pas au Soudan alors que l’injonction de l’UA expire lundi prochain.

La présidence égyptienne a indiqué dans un communiqué que la rencontre d’hier avait « pour objectif de discuter (…) des moyens les plus appropriés pour faire face à l’évolution de la situation et de contribuer à la stabilité et à la paix». Concernant le cas libyen, les échanges ont porté sur les combats en cours à Tripoli, suite à la vaste offensive lancée depuis trois semaines par le maréchal Khalifa Haftar contre le gouvernement d’union nationale reconnu par la communauté internationale et dirigé par Fayez el-Serraj. Les deux hommes s’accusent mutuellement de bénéficier des soutiens extérieurs.

Alors le chef du gouvernement est suspecté d’être dans les grâces du Qatar et de la Turquie, le chef de l’Armée nationale libyenne est quant à lui soupçonné d’être soutenu implicitement par l’Egypte et l’Arabie Saoudite. Vendredi dernier, les Etats-Unis ont apporté de manière officielle leur soutien à l’homme fort de l’est libyen. La Maison Blanche a salué dans un communiqué «le rôle significatif du maréchal Haftar dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de Libye ».

Une sortie venue prendre à contrepied la GrandeBretagne qui, quelques jours auparavant, soumettait une résolution au Conseil de sécurité pour un cessez-le-feu. Une situation qui semble embarrasser aujourd’hui l’Union africaine face à l’intensité des combats en cours dans le pays. Selon les autorités égyptiennes, cette rencontre entre dignitaires du continent permettra d’« aborder les moyens d’endiguer la crise actuelle et de relancer le processus politique ainsi que l’élimination du terrorisme».

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