Importation des produits cosmétiques: il faut traquer les fraudeurs

Principale conclusion de la concertation de mardi dernier à Douala entre le Mincommerce et les opérateurs du secteur.

75% du marché local des cosmétiques au Cameroun est contrôlé par des importateurs. Les producteurs locaux se partagent les 25% restants, mais surtout, doivent faire face à une concurrence déloyale due à la contrebande, la contrefaçon et d’autres types de fraude. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana est allé le 30 avril dernier à la rencontre de deux entreprises basées à Douala, Lana Bio-Cosmetics et Biopharma, dans le cadre du soutien du gouvernement au « Made in Cameroon », filière cosmétique.

Le Mincommerce était accompagné pour la circonstance, outre les autorités administratives locales, par des responsables d’autres administrations : Economie, Mines et Développement technologique, Anor, etc. Une délégation dont les membres ont été édifiés sur les difficultés des deux entreprises visitées au terme d’échanges tenus avant les visites d’installations techniques. Le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana et sa suite apprendront par exemple combien l’importation frauduleuse de produits cosmétiques nuit à l’industrie locale.

Entre des crèmes de visage ou des laits corporels sous-déclarés en douane, des lotions capillaires et autres produits entrés sur le territoire national en contrebande, le « Made in Cameroon » doit faire face, sur nos marchés, à des produits concurrents, provenant pour l’essentiel d’Afrique de l’Ouest, vendus moins cher du fait des artifices susmentionnés. A cela il faut ajouter un protectionnisme – qui ne dit pas son nom mais montre son visage – pratiqués par certains pays du continent, dont le marché intérieur reste, pour ainsi dire, inaccessible au « Made in Cameroon » filière cosmétique.

L’Etat est, lui aussi, directement touché par les pratiques que décrient les acteurs locaux de l’industrie cosmétique. Lors d’une présentation faite dans les locaux de Biopharma, on apprendra que le Trésor public perd annuellement quelque 100 milliards de francs du fait de la contrebande et de la contrefaçon. Il s’agit donc d’un ennemi commun, face au quel la synergie d’actions s’impose. L’oreille attentive des officiels lors des échanges, et les propos rassurants qu’ils ont tenus à l’endroit des opérateurs permettent d’espérer.

Espérer un assainissement rapide du secteur cosmétique, spécialement du segment « import », ce qui aura un effet positif sur ce pan de l’activité industrielle nationale. « A pleine capacité, nous pouvons couvrir jusqu’à 140% du marché local », expliquera Ali Chaabi, directeur de l’Exploitation de Lana Bio-Cosmetics. Une augmentation qui pourrait aussi se traduire par de nouvelles créations d’emplois. Mais, pour cela, l’environnement doit changer.

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