Musique : l’Abbé aux louanges festives

Le nouvel album de Mathurin Charles Amvame, prêtre du diocèse d’Ebolowa, laisse porter la prière par le chant.

La bonne vieille maxime latine « Bene cantat, bis orat » (qui chante bien prie deux fois) trouve tout son sens dans le nouvel opus de l’Abbé Mathurin Charles Amvame. Le prêtre-auteur-compositeur soutient qu’en sa qualité d’homme de Dieu, il a l’insigne devoir d’accompagner le chrétien, voire le non chrétien, vers Dieu en chantant.

Le curé de la paroisse Saint Clément de Nkoleteto’o par Mengong, dans la région du Sud, dit apporter sa modeste pierre au vaste chantier de l’inculturation initié depuis plusieurs années. Suivant le sillage tracé par ses aînés que sont, entre autres, les abbés François Xavier Amara, Lucien Betene et Jean Marie Bodo, l’Abbé Mathurin Charles Amvame dit prendre, par le chant, une part active dans la traduction en langues africaines des psaumes et des cantiques, parvenus aux chrétiens en latin et en français.

L’enjeu, soutient-il, est de permettre aux fidèles de comprendre ce qu’ils disent, lorsqu’ils chantent. Un travail de fond qui participe à l’amélioration de la qualité des liturgies tout en facilitant la prière aux chrétiens.

Ecouter les 14 titres de cet album constitue un véritable voyage, non seulement à travers divers aspects et sonorités de la culture africaine, mais aussi une réelle élévation vers la divinité. Et c’est ici que l’on se rend compte que prier en latin est bien différent de prier en Bulu, Ewondo, Ntumu ou en Eton. A travers les différents thèmes choisis, le chrétien va vivre ce lien intime avec Dieu.

De la naissance de l’Enfant-Dieu dans une étable de bergerie aux simples souhaits d’une bonne et heureuse année, l’Abbé Amvame puise dans la culture des peuples de la forêt, le mvet, le gnass, le balafon et le mbae, pour traduire musicalement les prières chrétiennes. Et c’est en quoi le chant exalté ici s’inscrit, non dans le religieux, mais dans le liturgique. Le kyrié, le Gloria et l’Exultet tel que contenu dans le Missel romain sont revisités par un curé qui a su allumer une lampe pour faire comprendre au chrétien ce qu’il demande à Dieu, en chantant.

D’autres titres tels que « Mazu a Tara » (Je viens vers toi, Seigneur) et « One Nfufub » (Tu es Saint) ont connu la contribution de joueurs de Mvet. Et avant le « Magnificat », le curé s’inspire de la devise de son Evêque, Mgr Philippe Alain Mbarga pour montrer la joie du berger qui conduit ses brebis vers la montagne du Seigneur. Tout comme il saura rendre hommage au Père Engelbert Mveng, prêtre érudit qui a consacré sa vie entière à… l’inculturation.
 

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