Migration clandestine : le drame en peinture

Les risques de l’exode illégal sont démontrés à travers une exposition organisée jusqu’au 10 mai à la Galerie d’art contemporain par les étudiants de l’Université de Yaoundé I.

Des tableaux aux couleurs des causes, manifestations et conséquences de la migration clandestine. Voilà ce que l’on peut retenir de l’exposition proposée par les étudiants du département d’Art et Archéologie de l’Université de Yaoundé I. Le vernissage de l’exposition baptisée « Exodus » a eu lieu le 23 avril dernier à la Galerie d’art contemporain de Yaoundé.

C’est en chœur que les 23 auteurs de ces toiles ont expliqué au public l’importance de leur art. « Nous avons constaté que les jeunes ont un intérêt particulier pour l’étranger et veulent voyager par tous les moyens. Or, ils ignorent que ces chemins sont bourrés d’obstacles. Il faut donc tout faire pour leur passer ce message : non à la migration clandestine », a déclaré Gérard Mbarga Amougou, un des étudiants-artistes. 

Des tableaux aux images fortes. Sur l’un d’eux, on peut voir des personnages en train de se noyer dans la mer. Ils tentent de se sauver mais en vain. Pour l’artiste, il est question de « mettre en exergue les dangers que courent les migrants clandestins au quotidien. Il y en a qui trouvent la mort dans la mer, en voulant rejoindre l’autre bout du monde. Voilà pourquoi nous l’avons exprimé sur un tableau car, a-t-on coutume de dire, une image vaut mille mots », a rappelé Arnold Tchinda, étudiant et artiste. Les œuvres dégageaient plusieurs messages expressifs :

« On est bien chez soi », pour signifier que le bonheur n’est pas toujours de l’autre côté. Ou encore « Système », pour condamner le circuit de la migration illégale. Le but de cette expo est de sensibiliser le maximum de Camerounais. « En réalisant ces tableaux, nous voulions tirer la sonnette d’alarme pour tous ceux qui voudraient entamer ce voyage risqué. Nos frères souffrent, meurent, subissent des sévices en se lançant dans cette aventure clandestine », a martelé l’un des artistes, Gérard Mbarga Amougou. 

Une conférence de presse donnée par les organisateurs de l’exposition a permis de relever l’importance d’une telle initiative. D’anciens migrants présents ont saisi l’opportunité pour conter leurs expériences. Ils ont cependant exhorté les Camerounais à éviter la clandestinité lorsqu’il faut voyager. Plutôt, ils les ont encouragés à voyager d’une façon légale, afin de pallier tout type de tracasseries. Pour les étudiants qui entendent faire carrière dans le domaine des arts plastiques, l’expo « Exodus », prévue jusqu’au 10 mai prochain, est bénéfique. Rendez-vous pris l’année prochaine pour une autre édition. 
 

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