Coopération Cameroun-Inde: une nouvelle dynamique

Sur le front des relations entre l’Inde et le Cameroun, l’actualité la plus récente est relative à la tenue du premier salon campus Inde international, à Yaoundé. Il s’agit d’un salon d’orientation dédié aux universités indiennes. Etudier en Inde dans un système universitaire proche du système anglo-saxon est devenu un axe de coopération entre l’Inde et le Cameroun. Mais dans le fond, il ne s’agit pas d’une véritable révolution.

En effet, depuis de nombreuses années déjà, des échanges universitaires existent entre le Cameroun et l’Inde, avec de nombreux étudiants camerounais présents au sein d’institutions universitaires indiennes. D’une manière générale, entre l’Inde et le Cameroun, les relations sont anciennes et couvrent de nombreux domaines : politique, éducation, commerce, santé etc. Il est tout simplement question aujourd’hui de les inscrire dans une nouvelle dynamique.

Celle-ci procède notamment de la volonté du gouvernement indien de renforcer sa présence institutionnelle en Afrique à travers l’ouverture d’ici 2021 de 18 nouvelles ambassades sur le continent. La position de New Delhi est en conformité avec celles des autorités camerounaises qui sont soucieuses d’entretenir des relations de qualité avec leurs différents partenaires. L’annonce faite récemment par Abhy Thakur, Haut-commissaire de l’Inde au Cameroun avec résidence à Abuja au Nigeria, de l’ouverture prochaine d’une représentation diplomatique de l’Inde au Cameroun est une nouvelle preuve du ciel sans nuages entre Yaoundé et New Delhi.

Cette an nonce traduit le renforcement de la coopération entre les deux pays. C’est le Premier ministre indien, Narendra Modi en personne qui a donné le ton en juillet 2018, de la nouvelle politique indienne en Afrique. Lors d’une visite officielle en Ouganda, il avait alors énoncé dix principes de la coopération indienne en Afrique. « Nous allons exploiter l'expérience de l'Inde avec la révolution numérique pour soutenir le développement de l'Afrique ; améliorer la prestation des services publics ; étendre l'éducation et la santé; diffuser la culture numérique ; élargir l'inclusion financière ; et intégrer les marginalisés » a notamment relevé le premier ministre indien.

Et il n’y a pas l’ombre d’un doute que le Cameroun peut tirer profit de sa relation avec un pays qui fait partie du groupe des nouveaux pays émergents communément appelés Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Par ailleurs, contrairement à d’autres partenariats d’Etat à Etat, l’Inde entend fonder sa politique sur les priorités identifiées par les Africains eux-mêmes.

Il leur appartient de définir ce qui est urgent et primordial pour leur développement. Et le pays, qui a déjà fait preuve d’une expertise certaine dans différents domaines (agriculture, énergie, technologies, éducation, santé, numérique, infrastructures, etc.) entend bien la mettre à la disposition de ses partenaires africains dont le Cameroun. L’Inde qui est par exemple une référence mondiale pour la qualité des soins médicaux entretient déjà une relation suivie avec le Cameroun dans le domaine sanitaire.

D’une manière générale « alors que l’engagement mondial en Afrique augmente, nous devons tous travailler ensemble pour que l’Afrique ne devienne pas à nouveau un théâtre d’ambitions rivales, mais devienne une pépinière des aspirations de la jeunesse africaine », résume le Premier ministre indien. En somme la nouvelle ère de coopération entre l’Inde le Cameroun s’appuie sur une vision claire et un respect mutuel. Et dans ces conditions tout le monde gagne au change. Du moins c’est le vœu des deux parties.

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