Sous-location à la Sic : la bataille est ouverte

Une campagne de sensibilisation, comptage et délogement des occupants illégaux lancé lundi par Douala.

Paul M. occupe un logement dans un camp de la SIC. Le précédent locataire, un de ses amis, en partance pour l’Europe, lui a laissé le local. Paul M. y a emménagé. Cela dure depuis une dizaine années. Il a pris le relais et s’acquitte du loyer sans problème jusqu’à ce jour. Jules A. lui est enseignant d’université. Il y a quelques années, sa sœur cadette a libéré un logement individuel qu’elle occupait dans un camp de la SIC, pour regagner avec sa famille leur nouvelle demeure.

Il a sauté sur l’occasion et s’est depuis installé. Victor B. est un ancien cadre de la fonction publique. Après sa retraite, il a mis le logement qu’il occupait dans une cité SIC en location et récupère chaque mois, le loyer auprès de « son locataire ». Des exemples comme ceux-là, on en rencontre à foison dans les camps de la SIC implantés sur toute l’étendue du pays.

C’est en raison de la dangerosité de cette dérive qu’une campagne contre le phénomène de l’occupation illégale des logements de la SIC (Société immobilière du Cameroun) a été lancée par le directeur général, Gabriel Bengono, avec pour point de départ Douala depuis lundi dernier. Il s’agit, pour le délégué régional de Douala, Odette Lolo Mbondy épouse Ela Minlo, de procéder à la récupération des logements occupés illégalement par certains locataires dans les différentes cités SIC du Littoral. L’avis au public qu’elle émit à cet effet est clair.

« La SIC informe le public de la ville de Douala : que l’attribution des logements obéit à des procédures bien définies ; que l’article 6 alinéa a du contrat de location des logements SIC interdit la sous-location ; qu’à compter de la date de signature du présent communiqué, toute occupation irrégulière constatée sera sanctionnée par la récupération du logement. Par conséquent tous les occupants illégalement installés dans nos logements sont invités à les libérer dans les plus brefs délais et à déposer les clés au siège de la délégation régionale de Douala contre décharge. A défaut la SIC se réserve le droit de récupérer lesdits logements par tous les moyens légaux ». Afin que nul n’en ignore.
 

Voilà qui est on ne peut plus clair. Car le constat sur le terrain est édifiant. Des locataires sans aucun contrat, mais qui occupent des logements depuis des années, et par conséquent inconnus des services de la SIC. Tout simplement, parce qu’ils ont, au pied levé, remplacé les précédents occupants des lieux qui, très souvent, étaient des amis, parents et autres connaissances. Plus grave, certains perçoivent des loyers en lieu et place de la SIC.

« La sous-location est interdite, cette situation ne peut donc continuer de perdurer, la SIC veut reprendre la main dans la distribution des logements avec pour mot d’ordre, un logement, un client, un contrat », martèle Odette Lolo Mbondy.
Désormais tous les locataires devront remplir les critères édictés pour avoir un contrat de location en bonne et due forme.

Pour cette opération appelée à durer deux mois, tout est mis en œuvre pour qu’à la fin de l’opération, une certaine lisibilité puisse se faire. Et les premiers résultats sont déjà perceptibles à Douala. Une centaine de locataires d’ores et déjà identifiés comme occupants illégaux, en attendant que la procédure mise en branle en décèle d’autres. Ils seront convoqués et entendus au cours d’un échange avec les responsables locaux de la SIC.

Ces derniers adresseront un rapport à leur hiérarchie qui décidera en dernier ressort, du sort des uns et des autres. Une hiérarchie visiblement décidée cette fois-ci, à voir un peu plus clair. Pour revenir à une certaine orthodoxie dans l’attribution des logements, maîtriser son parc immobilier et pourquoi pas les occupants, et pouvoir ainsi mieux se projeter dans sa vocation d’accompagnement des pouvoirs publics dans leur politique d’amélioration de l’offre de l’habitat pour les classes moyennes.

 

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