La sécurité d’abord

Regard

Pour faire face à la montée du terrorisme en Afrique, les pays touchés consacrent une part remarquable de leur Produit intérieur brut aux dépenses liées à l’acquisition du matériel militaire. C’est ainsi que plusieurs Etats du continent se dotent de plus en plus d’un arsenal composé d’avions et d’hélicoptères d’attaque au sol, de véhicules blindés, de véhicules militaires 4x4, de véhicules de transport des troupes, du matériel de transmission, etc.

Du fait de leurs capacités de production limitées, ces pays sont devenus aujourd’hui d’importants débouchés pour l’industrie mondiale de l’armement qui se frotte les mains. Une véritable aubaine pour les marchands d’armes et autres vendeurs de matériel de sécurité installés dans les pays du continent européen, américain et asiatique. Incontestablement, ces dernières années, les besoins de l’Afrique ont contribué à garnir davantage leurs carnets de commande.

Le développement de la menace terroriste ayant des conséquences graves sur le plan économique et social, ainsi que sur la stabilité des Etats qui en sont victimes, on ne peut pas, à juste titre, faire à ces derniers le reproche de se lancer dans ce qui peut s’apparenter à une « course aux armements ». Car parfois, c’est leur survie même qui est en jeu, les groupes terroristes violents nourrissant le rêve de créer sur les territoires à conquérir de nouvelles entités acquises à leur idéologie. C’est le cas notamment dans le pour tour du Lac Tchad et dans la bande sahélo-sahélienne. Dans ces conditions, sortir son chéquier pour assurer sa sécurité est une option vitale et nécessaire. Même si les dépenses consacrées à la sécurité peuvent entraîner ici et là, la baisse de celles dédiées aux secteurs sociaux (éducation, santé, bourses d’études) et de développement (agriculture, infrastructures).

En dernière analyse, les pays qui s’équipent pour se protéger n’ont pas d’autres choix que de se défendre d’abord puis de restaurer la paix aux frontières et quelquefois à l’intérieur. Puisqu’aucun projet de développement n’est envisageable dans un climat d’insécurité, laquelle éloigne en plus les investisseurs. On a vu comment les attaques terroristes ont maintes fois causé le déclin des activités économiques (agriculture, commerce, tourisme) dans les localités touchées, sans oublier le lourd tribut humain et la chute des recettes fiscalo-douanières alimentant les budgets des Etats.

Les participants au colloque international sur le thème « évolution de l’industrie d’armement face à la menace terroriste en Afrique» ne devraient pas perdre de vue tous ces enjeux incontournables. Car, en définitive, sans la paix, rien de durable ne peut être entrepris. Dans cette optique, les experts réunis à Yaoundé feraient œuvre plus utiles, au-delà de la place à accorder aux réflexions théoriques et aux échanges d’expériences, en proposant des solutions d’équipement des forces africaines en moyens de neutralisation à bas coût.

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