« Il faut des manuels adaptés aux nouveaux programmes »

Léon Anong, inspecteur coordonnateur général chargé de l’Enseignement des techniques industrielles.

Pourquoi mettre sur pied un projet d’élaboration des manuels scolaires des Enseignements techniques ?

Ceci se situe dans un contexte de formation des élèves pour qu’ils soient utiles pour la société. A l’Enseignement technique, nous ne formons plus pour former. Il est désormais question de former les élèves capables de s’intégrer harmonieusement dans les secteurs de production. Il s’agit de booster notre économie. Pour le faire, nous avons commencé depuis 2004 à restructurer et à rénover nos programmes d’enseignement. A l’heure actuelle, il n’existe pas de manuels adaptés aux nouveaux programmes restructurés. De manière générale, en ce qui concerne l’enseignement technique, ce sont les éditeurs étrangers qui fournissent les manuels scolaires. Mais ils ne sont plus intéressés, parce que le marché est étroit. C’est donc la raison pour laquelle le ministre des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga a demandé qu’à notre niveau, nous commencions nous-mêmes à élaborer des manuels scolaires avec l’appui des inspecteurs pédagogiques nationaux, régionaux, les animateurs pédagogiques et les enseignants. Le tout encadré par les professeurs d’universités, venant de Polytechnique, de l’Insetde Douala, de l’IUT, de l’Université de Yaoundé I et de l’Université de Dschang.

Concrètement, qu’est ce qui va changer dans ces programmes ?

Rien ne va changer. Les manuels seront plutôt adaptés aux programmes. Car pour organiser les activités d’enseignement et d’apprentissage, il faut des outils. Actuellement, les enseignants travaillent sans outils. Ils ont les programmes mais il faut les outils qui accompagnent lesdits programmes. C’est ce que nous appelons approche par compétence qui n’est rien d’autre que le fait d’adapter les enseignements ou les apprentissages à l’environnement socio-économique. Par exemple, lorsqu’il faudra parler de la construction d’un pont, on n’ira pas plus loin que de prendre l’exemple du pont qui se trouve sur le Mfoundi. Pareil s’il faut parler de l’utilisation du bois. Ce ne sera pas le bois qui se trouve ailleurs mais celui que nous rencontrons. L’approche par compétences c’est donc de  développer des compétences et non des connaissances. Elle vient compléter l’approche par objectif. On forme donc les apprenants en fonction des besoins de la société.

A quand la disponibilité des nouveaux manuels scolaires ?

Tout dépendra des moyens. Nous pensons que dès l’année prochaine, nous commencerons avec le second cycle. Actuellement nous travaillons sur les programmes du premier cycle. Nous avançons tout en nous formant. Nous allons commencer, et nous se perfectionnant, nous deviendrons des experts. Et nous attaquerons mieux les programmes du second cycle. Nous pensons que d’ici deux ans nous pourrons introduire ces manuels sur lesquels nous planchons en ce moment avec les moyens que nous aurons. Mais avant tout, il devra être validé au niveau de la Commission nationale des manuels scolaires.
 

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