Vivre ensemble, un choix lucide

Certains échanges qui se déroulent parfois dans les réseaux sociaux suscitent des inquiétudes. Sous le couvert des propos haineux, violents et indignes, quelques citoyens s’opposent sur des questions sensibles qui auraient nécessité plus de recul. Ceux-là tentent de livrer à la vindicte populaire certains partis politiques, des personnalités, voire des communautés prises pour cibles mettant ainsi à rude épreuve la communauté de destin des Camerounais. Qu’il s’agisse de Twitter, Instagram, You Tube, WhatsApp, aucun de ces réseaux sociaux n’est épargné par ce repli identitaire. Encore moins les chaudes discussions des quartiers.

Telle n’est évidemment pas la voie choisie par l’écrasante majorité des Camerounais. Et pour cause : « L’histoire et la géographie nous ont amenés à vivre ensemble dans un espace commun». En mettant ainsi en évidence le vivre ensemble à l’occasion de sa visite of ficielle à Maroua le 19 avril 1995, le président de la République, Paul Biya, a remis ses compatriotes au centre de leur communauté de destin. Collectivement, il appartient aux Camerounais de cultiver la tolérance, le respect mutuel de même qu’un climat de confiance et de fraternité. Individuellement, il revient à chaque citoyen de transcender les préjugés, les rivalités, les malentendus et les sentiments de vengeance.

Ce dépassement collectif et individuel a vocation à préserver la paix sociale, consolider l’unité nationale et entretenir le vivre ensemble. La Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme a été créée, à juste titre, pour resserrer les liens indestructibles qui unissent les Camerounais, approfondir le vivre ensemble et l’insérer durablement dans les mœurs. Sans aucun doute, le vivre ensemble constitue un choix lucide des Camerounais. Il représente le meilleur atout pour combattre les replis identitaires et favoriser l’intégration nationale.

Dans la mesure où il permet d’apprécier l’unité et la diversité qui constituent « l’essence même de notre pays, mais également le socle sur lequel se bâtit notre nation ». L’une des preuves palpables de cette unité et de cette diversité est que les 174 officiers issus de l’Ecole militaires interarmées (EMIA) en janvier 2019 proviennent de toutes les régions du Cameroun. C’est un symbole fort quand on sait que l’armée est le creuset de l’unité nationale. C’est le contraire qui aurait surpris car le Cameroun compte plus de 200 tribus disséminées sur l’ensemble du territoire national.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, la nation est également nantie d’un nombre équivalent de coutumes et de langues aussi variées les unes que les autres. Loin de s’opposer, ces tribus, ces coutumes et ces langues se complètent plutôt, dans une extraordinaire harmonie qui émerge comme la spécificité camerounaise. Nul n’a intérêt à compromettre ce bel héritage transmis de générations en générations. Au contraire, il s’agit de l’entretenir jalousement pour relever les défis qui interpellent la nation camerounaise.

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