Construction des infrastructures routières : comment réduire les coûts

Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, a présenté la batterie d’actions prévues pour réaliser des chantiers de qualité à des prix abordables.

C’est le dilemme : comment faire des infrastructures de qualité à des prix réduits ? La question trotte dans l’esprit du ministre des Travaux publics (MINTP), Emmanuel Nganou Djoumessi. Tout de suite après le conseil de cabinet tenu le 23 mai dernier à Yaoundé, et conformément aux prescriptions du Premier ministre, chef du gouvernement, le MINTP a convoqué les responsables des principales institutions sous sa tutelle pour trouver la stratégie à adopter afin d’arriver à la réduction des coûts des travaux de construction d’infrastructures routières au Cameroun. Ainsi donc le Mintp a demandé à ses collaborateurs de se mettre au travail dans l’objectif de trouver des méthodes pour contrer les coûts de construction élevés. En même temps que ces difficultés ont été énumérées des pistes de solutions ont été évoquées. 
Sur la qualité des études préalables
Il est prévu de respecter le cycle de gestion des projets. Ici, il est plus qu’important de mener les études de préfaisabilité et de faisabilité avant d’engager les études techniques. L’opérationnalisation d’un guide méthodologique de maturation technique des projets d’infrastructures est en cours. Entre autres actions à mener également sur ce plan, la prise en compte dans les études techniques des retours d’expérience au terme des audits techniques rendus obligatoires; la définition des hypothèses techniques et des caractéristiques géométriques des tracés routiers en fonction de la catégorie de la route. L’adoption d’une formulation conforme aux matériaux existants est engagée au Labogenie. Sur cette question justement, Jean Moufo, le directeur général du Labogenie se dit disposé à faire valoir son expertise. 
Sur la bonne estimation du coût prévisionnel des travaux
A ce niveau, le Mintp a indiqué qu’une étude sur la détermination des prix de référence dans les travaux neufs de route est menée en régie par la cellule des prix et de la maîtrise des coûts du Mintp. Cette opération se fait avec la collaboration du Mincommerce et des partenaires du secteur privé. Par ailleurs, les prix unitaires devront découler des sous-détails élaborés et non plus du prix moyen pratiqué. En outre, les prix élémentaires des intrants devront refléter la réalité sur le marché. 
Sur la disponibilité du matériel et des matériaux
Le rééquipement du Matgenie, doublé d’une révision à la baisse des tarifs de location des engins, doivent être poursuivis pour faciliter la location d’engins du génie civil. La multiplicité des carrières privées a permis une production assez quantitative des concassés qui, avec la concurrence, encourage actuellement une baisse du prix des granulats sur le marché. D’autres actions similaires pourraient être entreprises par l’Etat, avec la création des carrières par le Matgenie, pour faire baisser les prix, y compris certains intrants comme le bitume. A ce sujet justement, Jean Moufo, directeur général du Laboratoire national de génie civil, organe chargé de veiller à la conformité des intrants utilisés sur les chantiers, indique que la production locale du bitume permettra de « réduire la structure des coûts. Une commission a été mise sur pied pour voir où elle peut être implantée. Cela peut se faire sur le site de la Sonara qui a déjà les intrants. Ce comité va étudier toutes les possibilités », a expliqué Jean Moufo.

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