Camair-Co : comment sortir des turbulences

Le nouvel équipage de l’étoile du Cameroun a reçu le carnet de bord pour pouvoir maintenir le cap.


La nouvelle équipe dirigeante de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), huitième en une dizaine d’années d’existence, a officiellement pris fonction hier à Douala au cours de la cérémonie de passation de service, présidée par le ministre délégué aux Transports, Zakariaou Njoya. Après avoir été installée lundi à Yaoundé, à l’issue d’un conseil d’administration extraordinaire. Mais il n’y aura certainement pas de temps d’acclimatation pour le directeur général, Louis Georges Njipendi Kuotu et son adjoint Max Constant Mve Minsi. Surtout que les deux ont une idée des défis qui les attendent au sein de la compagnie aérienne nationale. 
En effet, à ce jour, Camair-Co brille par des tares telles que la faiblesse de sa flotte (à peine trois avions en état de marche pour desservir le triangle national et quelques pays africains). Ce qui entraîne des retards ou annulations de vols et de lignes, pour ne citer que cet aspect, le plus visible. Il sera donc question de réparer cette image, et des pistes pour y arriver ont été énoncées lundi dernier par le président du Conseil d’administration, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, par ailleurs ministre des Transports, tutelle technique de cette entreprise sortie des fonds baptismaux en 2008. Parmi ces pistes suggérées, il y a l’audit sans délai de la compagnie tant sur les plans managérial, des contrats de maintenance et de location des aéronefs, que comptable et financier. Le renforcement de la flotte et l’optimisation des aéronefs afin de renouer avec les excédents d’exploitation font aussi partie des défis à relever de manière progressive. Un accent devra également être mis sur les dessertes nationales et régionales, la ponctualité et la régularité des vols, tout comme la mise en service des avions appartenant à la compagnie afin de réduire les charges qui grèvent le budget de l’entreprise. Le ministre des Transports a aussi demandé aux nouveaux dirigeants de travailler à l’autonomisation progressive de l’entreprise et d’envisager, avant le mois de décembre 2019, la reprise des vols intercontinentaux, la première destination étant Paris.
Des pistes qui sont en réalité contenues dans le plan de relance proposé en 2016 déjà par le cabinet américain Boeing Consulting. Un plan qui, pour être mis en œuvre de manière efficace, a besoin d’une enveloppe d’environ 60 milliards de F, pour notamment garantir l’apurement d’une dette de 35 milliards, le redimensionnement du réseau à près de 23 destinations, la modernisation de la flotte avec le passage à douze aéronefs et la mise en place d’un plateau technique pour la maintenance des avions sur place. Une somme qui reste toujours à mobiliser. 
Louis Georges Njipendi et Max Constant Mve doivent donc se mettre au travail pour améliorer les chiffres actuels de Camair-Co qui, malgré ses turpitudes, a réduit son déficit mensuel d’exploitation de 2 milliards à 62 millions F. La compagnie a transporté 350 000 passagers en 2018, soit 50 000 de plus que l’année d’avant, pour des recettes annuelles passées de plus de 16 milliards en 2017 à plus de 26 milliards l’année dernière. 
 

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