Soudan : grève générale dans le pays

Les manifestants exigent que le Conseil souverain, l’organe chargé de conduire la transition jusqu’aux prochaines élections, soit dirigé par un gouvernement civil.

Les activités tournent au ralenti depuis hier dans différentes villes du Soudan. Fonctionnaires, commerçants et employés ont déserté bureaux, commerces et entreprises restés fermés pour répondre à un appel à la grève générale. Quelques magasins vendant des produits alimentaires, jeûne du mois de Ramadan oblige sont par contre restés ouverts. Pancartes à la main, des milliers de grévistes ont battu le pavé en brandissant le drapeau national, chantant des chants patriotiques et vociférant à gorge déployée des messages de révolte à l’endroit de l’armée qu’elles accusent de vouloir confisquer le pouvoir depuis la chute d’Omar el-Bechir le 11 avril dernier. La mobilisation populaire qui se poursuit ce mercredi fait suite au blocage des pourparlers entre civils et militaires suite à un désaccord autour du Conseil souverain, l’organe appelé à diriger la période de transition jusqu’à la tenue des élections. Par ces deux jours de manifestations, les grévistes entendent contraindre l’armée à accepter la mise en place d’un gouvernement civil durant cette période. « C’est une grève politique d’avertissement aux militaires pour accélérer le transfert du pouvoir », a déclaré hier Rashid Saeed, porte-parole de l’Association des professionnels.
Mais, la manifestation ne bénéficie pas du soutien d’Oumma, principal parti d’opposition, qui s’est désolidarisé du mot d’ordre.  Les manifestants bénéficient tout de même du soutien de plusieurs syndicats et associations en activité dans le pays. Ces derniers ayant vu d’un mauvais œil le voyage effectué durant le week-end dans trois grandes puissances du Golfe par les dirigeants du TMC, le Conseil militaire de transition. Alors que le général Abdel Fattah Burhan, numéro un du Conseil, s’est rendu tour à tour en Egypte et aux Emirats arabes unis, le général Hemeti, numéro deux du régime, a été reçu en Arabie saoudite. Au Soudan, ces déplacements ont été analysés comme des soutiens apportés par ces pays à la junte militaire au pouvoir. 
 

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