Halte à la sinistrose

Il est admis que la meilleure façon de défendre ses idées est de les faire connaître. C’est le sens de la rencontre organisée mardi dernier par le ministre des Relations extérieures, à l’attention des chefs de mission diplomatique et des représentants des organisations internationales accréditées à Yaoundé. Interface institutionnelle entre ces plénipotentiaires et le gouvernement de la République, Lejeune Mbella Mbella a pris soin d’apporter à ses interlocuteurs d’indispensables éclairages sur l’état réel de la nation et les enjeux de l’heure. Cette clarification était d’autant plus nécessaire que le Cameroun fait l’objet, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières, de prises de position et autres déclarations les plus diverses dont certaines, totalement infondées, volontairement biaisées et malveillantes visent à ternir son image à des fins inavouées. Dans ce contexte caractérisé par des batailles souterraines multiformes, il était du devoir du gouvernement de remettre les pendules à l’heure. Ainsi, le propos du ministre des Relations extérieures s’inscrit en faux contre le pessimisme, voire la sinistrose, dans lesquels certains acteurs veulent absolument envelopper le Cameroun depuis quelque temps. Certes, le pays est traversé par des convulsions persistantes sur certaines parties du territoire national. Ce qui n’est en rien une spécificité, encore moins une
exception camerounaise. Aucun pays au monde dans son évolution historique n’étant à l’abri de telles turbulences. Toutefois, à travers une résilience reconnue par divers observateurs, le Cameroun reste debout et travaille sans relâche à un accomplissement heureux de son destin. Avec le concours souhaité de tous ses enfants. C’est dans cette optique que se prépare le dialogue annoncé par le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, lors de sa récente visite dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest. Une démarche favorablement accueillie par les populations. Le forum attendu sera donc un cadre approprié d’échanges entre Camerounais en vue de parvenir à une redéfinition des bases utiles au renforcement et à la consolidation de leur vivre ensemble dont les acquis sont aussi patents qu’irréversibles. En tout cas, la détermination du chef de l’Etat, Paul Biya, à préserver toutes les chances du Cameroun d’aller à l’émergence dans la paix et l’unité augure du succès de ces assises. Il va de soi que s’ils le désirent, ces partenaires bilatéraux et multilatéraux peuvent apporter leur contribution à cette œuvre qui vise, à terme, la modernisation en tous points du pays et l’amélioration conséquente des conditions de vie des populations. Cependant, les uns et les autres devraient se garder de toute ingérence dans les affaires intérieures du Cameroun qui demeure un Etat souverain. A cet égard, certains silences, notamment par
rapport aux atrocités perpétrées par des terroristes de tout bord, interrogent et laissent perplexe l’observateur. Surtout lorsqu’on sait que les fonds qui alimentent la déstabilisation du triangle national viennent de quelque part. Par ailleurs, plus de six mois après la prestation de serment du président Paul Biya à la magistrature suprême, il est curieux et étonnant d’entendre certains s’étendre sur l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 qui s’était déroulée dans une transparence reconnue. Comme s’il s’agissait d’une marche à reculons de l’histoire. S’appuyant sur des faits qui reposent euxmêmes sur la légalité républicaine, le Minrex s’est voulu clair : un tel débat est clos. Les Camerounais doivent se tourner désormais vers l’avenir, leur avenir. C’est pour cela que l’échange de mardi dernier entre le gouvernement et les diplomates parle aussi aux filles et fils du Cameroun. Plus que quiconque, en effet, ils doivent se convaincre qu’ils ont le Cameroun en partage. Cette « terre chérie », ils ont l’impérieux devoir de la préserver jalousement pour la transmettre le moment venu en héritage, plus unie, plus soudée qu’ils ne l’ont reçue. Ils doivent savoir plus que jamais, au-delà des couacs et des vicissitudes de toutes sortes, que ce qui les unit transcende de loin leurs différences et inévitables frictions ou incidents de parcours. Aucun prétexte ne devant suffire pour les amener à fragiliser un édifice bâti au prix de sacrifices incommensurables. Le monde les observe. L’histoire les jugera. 
 

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