Situation sociopolitique au soudan: désaccord persistant

Après l’annulation des accords par la junte au pouvoir, les manifestants maintiennent la pression.

Pour la première fois de leur histoire, les Soudanais ont passé hier une fête de l’Eid el-Fitr (fin du jeûne du mois de Ramadan) mouvementée. La journée d’hier était particulièrement tendue à travers le pays, notamment à Khartoum où des manifestants sont sortis par milliers pour dénoncer la junte militaire au pouvoir après que celleci a pris, la veille, un train de mesures jugées autoritaires. Rues barricadées, commerces fermés, pneus incendiés, chants et affiches de contestation étaient au rendezvous.

Plusieurs patrouilles de l’armée étaient visibles à certains endroits straté giques de la capitale soudanaise à l’effet de contenir les manifestants. Dans sa déclaration politique lue sur les antennes de la télévision publique soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil militaire de transition, a décidé de « cesser de négocier avec l’Alliance pour la liberté et le changement, d’annuler ce qui avait été convenu et de tenir des élections dans un délai de neuf mois ». Un message qui a eu le don de faire monter de plus belle la tension.

Accusé d’avoir fait usage de la force pour disperser les manifestants, le Conseil militaire de transition a tenu à démentir. « Nous n’avons pas dispersé le sit-in par la force », a déclaré le général Chamseddine Kabbashi, son porte-parole.

Ce dernier affirme plutôt que les forces armées et des RSF ont mené « une opération conjointe pour nettoyer certains sites ».L’armée soudanaise parle « d’activités illégales ». En face, les civils disent vouloir pour suivre le combat jusqu’à ce que le pouvoir leur revienne. « Le seul moyen dont on dispose aujourd’hui, c’est la pression de la rue, la grève générale et la désobéissance civile pour un pouvoir civil à 100% », a affirmé Rasheed Saeed, porte-parole de l’Association des professionnels soudanais (APS), fer de lance de la contestation.

Des manifestations similaires ont également été signalées à Kassala, Gedaref, Port-Soudan à l’est, à Sennar et à Atbara dans le centre du pays où des échauffourées entre civils et hommes en uniforme ont eu lieu.

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