Ouest: « La route des esclaves » retracée

Une délégation du ministère des Arts et de la culture a visité mercredi dernier ce trajet que le Cameroun veut faire inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco.

Faire figurer « La route des esclaves » dans le patrimoine mondial de l’Unesco. Cette ambition du ministère des Arts et de la Culture (Minac) a donné lieu le mercredi 5 juin dernier dans la région de l’Ouest, à une visite des sites utilisés lors de la traite négrière. Partie du port de Bimbia situé dans la périphérie de Limbé et reconnu comme le principal site de commercialisation des esclaves camerounais, la délégation du Minac, qui a avait dans sa suite, le Pr. Milton Guran, un expert brésilien de l’Unesco, a visité le parcours des esclaves dans la région de l’Ouest.

Au Musée du peuple Bamoun à Foumban (Noun) déjà inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, les visiteurs ont apprécié l’épopée guerrière de ce peuple qui y est retracée, en incluant la période de la traite négrière. Le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya et ses notables ont à l’occasion, sollicité le soutien de l’expert brésilien, dans le dossier de l’inscription du Festival Nguon au patrimoine mondial de l’Unesco.

« Ce festival retrace une bonne partie de notre histoire, en y incluant les différentes étapes traversées par ce peuple pendant l’esclavage, les guerres des libertés et notre vécu interne », a précisé le porte-parole du Sultan à l’occasion. La délégation conduite par le Pr Christophe Mbida, directeur du Patrimoine culturel au Minac, a aussi fait escale à Bamendjinda (Bamboutos) et Batoufam (Ndé).

Dans les cases patrimoniales de ces chefferies, on retrouve des vestiges de l’esclavage comme des chaînes, fouets et autres outils utilisés à l’époque pour contraindre les esclaves à parcourir leur trajet commercial. Un marché et des cases où étaient entreposés les esclaves qui attendaient le départ, ont aussi été présentés aux visiteurs dans ces deux chefferies.

Le gouverneur Augustine Awa Fonka qui a reçu cette délégation, a suggéré que ses membres visitent aussi Bangou, où restent préservés des éléments de la traite négrière et un marché de l’esclavage avec une statue mémorisant ce site. L’anthropologue Milton Guran, en sa qualité d’expert délégué par l’Unesco, a apprécié les capacités du « Cameroun à préserver ainsi intacts, des pans de sa culture, et de la mémoire mondiale.

Le Cameroun est un exemple pour l’Afrique et le monde en ce sens », précisera ce dernier, qui a milité pour le renforcement des liens de coopération culturels et touristiques entre le Cameroun et le Brésil, un pays qui « en plus de ses multiples similitudes avec le Cameroun, doit avoir parmi les près de 4 millions de descendants d’esclaves, de nombreux fils qui ont certainement leurs origines au Cameroun ». Pour le Pr Christophe Mbida, l’inscription de « La route de l’esclave » au patrimoine mondial de l’Unesco, sera d’un grand apport culturel et touristique pour le Cameroun.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category