Général de brigade Jacob Kodji: « les attaques ont été repoussées »

Le commandant de la 4è Région militaire interarmées (RMIA4), fait le point de la situation qui prévaut sur le terrain.

Mon général, que peut-on retenir des dernières informations qui vous parviennent du front ?
Le front a connu une certaine turbulence ces derniers temps. Il y a une semaine, plusieurs incursions et des attaques ont été menées sur nos positions. En ce qui concerne les attaques, elles se sont soldées par la déroute de l’ennemi et en ce qui nous concerne,  le  bilan est négatif, c’est-à-dire aucune perte en vies humaines, aucun blessé, aucun matériel endommagé du côté de l’armée camerounaise. Les attaques ont été repoussées énergiquement.                                                                         Toutefois, il faut signaler des incursions de Boko Haram dans les localités frontalières qui ne sont pas tenues en permanence par nos forces, où il y a eu un semblant de règlement de compte. Car de nuit, quand on vient incendier quelques villages, du bétail, de l’argent et quelques pièces d’identité, je ne sais pas si c’est Boko Haram qui aurait pu emporter de la nourriture. En tout état de cause, nous sommes en train de faire des analyses de la situation. Mais, le front est calme, il est stable. La frontière est toujours intacte. Nous sommes en train de réfléchir pour voir comment résoudre le problème des incursions.
Comment résoudre le problème posé par les mines qui causent de temps en temps des dégâts du côté de nos forces de défense ? 
Les engins explosifs improvisés ou mines sont aussi au centre de nos préoccupations. Très diminués, les membres de Boko Haram ont opté pour le mode opératoire terroriste. Ils procèdent par utilisation des kamikazes ou des engins explosifs improvisés, surtout avant les attaques, afin d’empêcher tout renfort ou toute contre-attaque. Je ne dirai pas comment nous faisons mais vous pouvez constater qu’il y a deux mois environ, nous avons neutralisé plus d’une douzaine de mines sur nos itinéraires, sans incident. Nous avons enregistré quelques cas d’explosion au passage de nos troupes mais qui n’ont engendré que des pertes matérielles étant donné que nous mettons en œuvre certaines méthodes pour pouvoir y faire face.
Comment se manifeste sur le terrain le concept de défense populaire qui prend tout son sens ici dans l’Extrême-Nord avec la collaboration entre l’armée et les comités de vigilance ?
Je crois qu’en plus de voir ce que les militaires font, il serait souhaitable de voir le sentiment de vitalité de la population jusqu’à la frontière pour témoigner de l’efficacité du travail fait par les forces de défense et de sécurité. Vous allez voir que les populations sur le territoire camerounais jusqu’à la frontière vaquent à leurs occupations. Actuellement, elles sont en train de récolter du  mil, du  riz, des patates et font du mil de saison sèche. Dans les quartiers jusqu’à la frontière, les enfants vendent des beignets. Les écoles et les lycées ont rouvert à Tourou, Fotokol, etc. La vie a repris jusqu’à la frontière et les membres des comités de vigilance jouent un rôle important, encadrés par les autorités traditionnelles, administratives et militaires sur le terrain.
 

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