Leçon de Valenciennes : honorable


Comme au Canada en 2015, les Lionnes indomptables se sont inclinées dimanche soir face à l'Angleterre en 8e de finale de la Coupe du monde de la discipline qui se joue en France. Si les pouliches d’Alain Djeumfa et leurs supporters ont durement ressenti cette élimination, ce n’est pas tant à cause de la domination de l’adversaire du jour. L’exploit héroïque des filles réalisé lors du dernier match de poule face à la Nouvelle Zélande, conclu par un doublé de Nchout Ajara avait installé toute la nation dans une attente pavlovienne quant à la suite de leur aventure dans cette compétition. Dimanche soir, Raïssa Feudjio, Aboudi Onguene, Laura Johnson, Nchout Ajara et autres Alexandra Takounda n’étaient pas loin de rééditer cet exploit. Dans l’antre de Hainaut à Valenciennes, elles ont joué sans complexe dans un stade presque totalement acquis à la cause de leurs adversaires. Dans ce match, la performance des filles est loin d'avoir été ridicule même si les plus optimistes ne vendaient pas chère la peau du Cameroun à ce Mondial. Mais grâce à leur bravoure, les 23 héroïnes ont réussi à conquérir les cœurs des Camerounais lors de leur dernier match de poule.  Hélas! Elles ont fait face à la dure réalité du sport. L’arbitrage a été perçu comme un casse-tête chinois pendant cette compétition.  Comme beaucoup d’observateurs l’ont remarqué depuis le début de ce tournoi, l’utilisation querellée de de l’arbitrage vidéo (VAR) questionne l’objectivité des décisions arbitrales et remet au goût du jour le traitement des équipes africaines lors des compétitions internationales. Les Nigérianes ont été également victimes d’une VAR particulièrement discriminatoire. Tout compte fait, pour leur deuxième participation en phase finale de coupe du monde,  les Lionnes indomptables ont encore écrit une nouvelle page dans le grand livre d’histoire du football africain. Elles quittent la compétition de manière honorable et surtout avec un mental d’acier.
Maintenant que la page du mondial féminin est tournée pour les plénipotentiaires camerounaises, il faut tirer les leçons de cette participation et se projeter vers l’avenir. Si Alain Djeumfa et ses joueuses nous ont procuré des joies et même des rêves pendant ce tournoi, si Ngono Mani et ses coéquipières  ont été remarquables de combativité et d'abnégation, il faut en même temps reconnaître que cette équipe nécessite un aggiornamento. En plus du talent et de la technique, les grandes compétitions ont besoin des joueurs qui ont de la fraîcheur dans les jambes. L'équipe actuelle nécessite une cure de jouvence pour répondre au défi technique et physique de ses adversaires. La belle performance en compétitions de haut niveau reste aussi tributaire de l’organisation d’un championnat national féminin digne de ce nom.  C’est de ce tournoi local que se forme la releve. Tous ces aspects appellent les autorités à différents niveaux en charge du football à investir dans le football pour que les succès ne soient plus simplement une question de hasard ou de chance mais un aboutissement logique.
 

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