Industries de transformation : comment promouvoir le Made in Cameroon

Agro-alimentaire, cosmétique, textile, agroforesterie. Voilà des secteurs dans lesquels les industriels camerounais commencent à s’illustrer. Il n’y a qu’à voir combien d’unités de transformation existent dans ces différents domaines, bien que nombre d’entre elles évoluent encore de manière artisanale. Cette situation témoigne à elle seule du dynamisme de l’industrie camerounaise, bien qu’encore embryonnaire. Le made in Cameroon nourrit donc, tant bien que mal, son homme au pays des pagnes Cicam, des boissons et bouillies de soja, du manioc et ses dérivés tels que les pâtes alimentaires, des liqueurs à base de légumes ou de plantes médicinales, des jus de fruits et confitures ayant une longue durée de vie, des savons et autres laits de toilette à base de cacao ou de karité, etc. Et les consommateurs, chaque jour toujours un peu plus regardants, trouvent satisfaction dans cette mosaïque de marques locales disponibles dans les différents espaces marchands. 
La politique économique du Cameroun, initialement basée sur le développement du secteur agricole, encourage désormsais de nombreux acteurs à se lancer dans la transformation des produits vivriers. Ceci après que la chute des prix des matières premières a entraîné le pays dans une crise. A ce jour d’ailleurs, il existe de nombreux projets et programmes soutenant les petites et moyennes unités de transformation des produits agricoles.   
Par ailleurs, le gouvernement a décidé depuis 2013 de mettre en place un nouveau plan de restructuration économique orienté vers le développement du secteur industriel. Le pays aspire désormais à devenir un Nouveau Pays Industrialisé (NPI). Cette stratégie intègre principalement de nouveaux plans d’industrialisation axés non seulement sur le développement du secteur des nouvelles technologies mais aussi sur celui de la recherche, d’abord dans le but d’accroître le poids du secteur de la production manufacturière pour qu’il contribue à 25% du PIB, et ensuite, afin de permettre au pays d’entamer son décollage économique d’ici l’horizon 2035. 
Cela va passer, à n’en point douter, par le Plan directeur d’industrialisation, en cours d’implémentation depuis sa validation en fin 2016. Un plan ambitieux qui, en plus de renforcer la transformation de nos matières premières agricoles, met un accent sur l’énergie et le numérique : deux secteurs à fort potentiel en ce moment au Cameroun. De l’avis des responsables du ministère en charge de l’industrie au Cameroun, ce plan apporte les arguments stratégiques pour changer le système actuel, lequel est focalisé sur l’approche classique des filières de production et jugé peu efficace pour garantir ou favoriser une véritable intégration industrielle. L’ambition est également de créer une classe moyenne de consommateurs. 
Quoi de plus normal alors que de transformer sur place des produits que tout le monde connaît plus ou moins ? Les Camerounais semblent déjà bien s’approprier ce principe, au vu des marques et enseignes nationales qui foisonnent dans divers secteurs. Par ailleurs, les promoteurs se battent pour exister, assurer la qualité et la présentation de leurs produits, mais aussi communiquer autour pour attirer à la fois les financements et les consommateurs. Tout un programme donc, pour que prospère le label Cameroun qui a encore de belles opportunités à saisir et à explorer.   
 

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