Côte d’Ivoire : l’ONU appelle à la retenue

Dans la perspective de la présidentielle de 2020, l’Organisation des Nations unies appelle les acteurs politiques à l’apaisement

Au sortir d’une audience que lui a accordée mercredi, 26 juin 2019 le président ivoirien, Alassane Ouattara, le représentant du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel a exhorté la classe politique à travailler pour la paix. « Tout le monde doit redoubler d’efforts pour que le prochain scrutin présidentiel soit synonyme de succès, de paix pour tout le peuple ivoirien. L’élection est une étape majeure dans la consolidation de la démocratie et le développement », a souligné Mohamed Ibn Chambas. Les deux hommes ont aussi parlé de « la sécurité régionale et de la nécessité de renforcer la coordination entre acteurs et partenaires régionaux pour faire face aux défis liés à la sécurité et au développement». Mais, au-delà des simples questions relatives à la sécurité dans la région, cette rencontre entre Alassane Ouattara et Mohamed Ibn Chambas intervient dans un contexte politique qui laisse planer des inquiétudes. Au fur et à mesure qu’approche la présidentielle de 2020, le débat politique ne cesse de se dégrader. La dernière sortie de l’ancien président de la République dénonçant le phénomène d’orpaillage clandestin est venue jeter un coup de froid au sein de l’opinion. S’adressant alors le 5 juin dernier aux responsables du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) venus de Koumassi, Henri Konan Bédié a déploré une invasion du pays par les étrangers. «On fait venir des étrangers armés qui sont stationnés dans beaucoup de villages. Si c’est pour venir fausser les élections de 2020, nous voulons le savoir. Il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne se sentent pas étrangers chez eux», a-t-il déclaré.

Le régime qui n’a pas digéré de tels propos ne s’est pas fait prier pour réagir. « Des propos d’une extrême gravité, de nature à mettre en péril l’unité nationale. L’instrumentalisation de la haine de l’étranger par le président Henri Konan Bédié et les dérives qui en ont résulté ont été à la base des différentes crises que notre pays a connues depuis la mort du président Houphouët Boigny », a répliqué Sidi Touré, porte-parole du gouvernement. En plus, depuis son divorce d’avec Alassane Ouattara, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro s’est lancé dans une campagne de dénigrement contre ce dernier, selon des sources concordantes. Et pour couronner le tout, le retour annoncé au pays de l’ancien président, Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), fait monter la pression en Côte d’Ivoire.

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