Supposé deal avec les groupes armés : la mise au point de Touadera

Accusé d’avoir consenti de petits arrangements avec ces derniers au sujet de l’accord de paix, le président centrafricain dénonce plutôt un projet de manipulation.


Plus de cinq mois après sa signature par le gouvernement et les quatorze groupes armés en activités dans le pays, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union africaine (UA), l’accord de paix de Khartoum tarde toujours à ramener la paix en République centrafricaine tel que souhaité. Entre les périodes pré et post accord, la situation n’a pas toujours changé sur le terrain. Le quotidien des populations est rythmé par des tueries et des rackets. Les tueries de masse survenues le 21 juin dernier à Paoua près de la frontière avec la frontière avec le Tchad et attribuées aux hommes d’Abass Sidiki, conseiller-militaire à la primature, illustrent à suffisance que l’accord de paix a du plomb dans l’aile. Le blocage récent du corridor Cameroun-Bangui en territoire centrafricain par les hommes d’Abdoulaye Miskine, éphémère ministre de la Modernisation de l’administration vient en rajouter au lot d’obstacles. Une situation qui suscite indignation et exaspération au sein de l’opposition, de la société civile et de la communauté internationale. 
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique n°3048 du 9 au 15 juin, l’ancien Premier ministre et candidat malheureux à la dernière présidentielle, Anicet-Georges Dologuélé, dénonce le gouvernement « inclusif » issu de l’accord de Khartoum. « Le président n’est pas capable de gouverner. Il s’est entouré d’une équipe de bras cassé », dénonce-t-il. « Le peuple est fatigué par l’hypocrisie qui caractérise la signature des différents accords qui ont eu lieu dans ce pays. En effet, ces Accords sont-ils signés, aussitôt ils sont violés par les mêmes signataires », s’est offusquée la Conférence épiscopale le 23 juin dernier dans le message de clôture de son Assemblée plénière. « Chaque semaine entre 50 et 70 violations de l’accord de paix, commises principalement contre les populations civiles par les groupes armés, sont rapportées», a indiqué Manker Ndiaye, chef de la mission onusienne dans le pays.
Soupçonné d’avoir passé un accord secret avec les mouvements armés, le régime centrafricain ne s’est pas fait prier pour répliquer. En clôturant la semaine dernière à Bangui un séminaire des ministres sur la gouvernance, le président de la République est resté droit dans ses bottes sur la question.  Faustin Archange Touadera, a dénoncé plutôt ce qu’il qualifie de « projet diabolique » orchestré par les « vendeurs d’illusions ». « Notre peuple n’aspire qu'a une chose : la paix et attend de vous voir travailler dans ce sens. Vous devez le faire avec responsabilité. Nos compatriotes veulent seulement la paix. Ce sera la manière de répondre aux marchands d'illusions qui ont un seul projet la manipulation et le trouble à l'ordre public», a-t-il martelé à l’endroit de son gouvernement. 
 

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