Zone de libre-échange continentale africaine: la voie royale

Dimanche 7 juillet l'Afrique a rendez-vous au Niger dans le cadre du sommet extraordinaire des chefs d'Etas et de gouvernement de l'Union africaine.

L’Afrique a rendez-vous ce 7 juillet à Niamey au Niger avec l’histoire. Réunis dimanche prochain dans la capitale nigérienne dans le cadre d’un sommet extraordinaire, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) doivent rendre opérationnelle la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Entrée en vigueur le 30 mai dernier, après la ratification par 24 Etats (plus que le minimum requis) du Traité l’instituant, ce marché commun en gestation suscite déjà beaucoup d’espoir à travers le continent. Ils seront rejoints ce week-end par le Nigeria, première économie africaine. Réticent jusqu’ici, le pays de Muhammadu Buhari signer son adhésion à ce marché au cours de ce rendezvous continental. L’acte que les dirigeants du continent s’apprêtent à poser dans les prochaines heures marque l’aboutissement d’un vieux projet évoqué en 1990 et dont la réflexion proprement dite a commencé en 2012. Sa maturation aura donc nécessité une trentaine d’années. Avec l’avènement de la ZLECAF, c’est un jour nouveau qui se lève sur le commerce intra-africain. Célébrée comme une véritable révolution, la Zone de libre-échange continentale africaine est appelée à fluidifier les échanges et à booster le développement de l’Afrique devrait couvrir à terme les 54 pays du continent, avec un marché de près de 1,2 milliard de personnes. Soit 16% de la population de la planète. Dans un récent rapport de 250 pages, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) projette une performance de l’ordre 33% du commerce intraafricain. Du pain béni lorsqu’on sait que les échanges internes oscillent entre 15 et 17%, contre 47% en Amérique, 61% en Asie et 67% en Europe. A ce jour, l’Afrique pèse moins de 5% sur le commerce mondial.

Pour les optimistes, l’entrée en vigueur de la ZLECAF constitue un tournant décisif. Le 30 mai dernier, par le biais d’un tweet, Albert Muchanga, commissaire de l'UA pour le commerce et l'industrie, se réjouissait de sa venue. « Un jalon historique (…) Nous célébrons le triomphe de l'intégration économique audacieuse, pragmatique et à l'échelle du continent. Nous lançons le marché commun le 7 juillet 2019 et commençons le voyage de la transformation pour préserver une prospérité inclusive », postait-il. « Potentiellement, il s’agit de la plus grande avancée vers l’intégration régionale de l’Afrique depuis la fin du colonialisme. Pas moins », a renchéri pour sa part Carlos Lopes, économiste bissau-guinéen et professeur à l’université du Cap en Afrique du Sud. Mais, des pessimistes se montrent prudents. D’aucuns estiment que l’Afrique aurait dû se munir au préalable d’un ensemble de garanties avant de se lancer dans une telle aventure. Notamment la suppression complète des goulots d’étranglement, à l’instar des barrières douanières.

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