Cinéma camerounais : le défi de la qualité

Les productions, le jeu des acteurs ou encore les sujets abordés et les castings sans professionnalisme sont entre autres points à améliorer.

Depuis quelques années, une nouvelle vague de jeunes cinéastes a fait son entrée dans l’industrie du septième art au Cameroun. Résultat, l’on observe une profusion de productions. Jamais on n’a eu autant d’initiatives de réalisateurs, de producteurs, de techniciens et de comédiens qui foisonnent dans le pays. Seulement, la qualité des produits proposés aux cinéphiles ne suit toujours pas. Que ce soit au niveau de la production, du jeu des acteurs ou encore des thèmes et sujets abordés… c’est clairement perfectible. « Sur une centaine de productions cinématographiques recensée en 2018, seuls dix films sortent du lot. Tout simplement parce que les cinéastes n’ont pour la plupart aucune formation préalable dans cet art. Mais aussi, l’on assiste à la mauvaise prestance des acteurs qui ont du mal à mémoriser les textes qu’on leur propose. On voit par exemple la plupart des comédiens s’exprimer avec difficulté », pense un critique du cinéma. 
Déjà en 2016, à l’occasion de la 20e édition des « Ecrans noirs », le délégué général de ce festival, Bassek Ba Kobhio, déplorait que la mayonnaise tarde à prendre côté cinéma camerounais. « Il y a la quantité, c’est indéniable. On aimerait cependant que la qualité émerge aussi. Lors du 20e rendez-vous du festival « Ecrans noirs », j’étais triste de constater qu’aucun film camerounais n’avait remporté un prix parce que le jury estimait nos productions de piètre qualité. Il y a du grain à moudre de ce côté-là », relevait-il. Trois ans après, les lignes n’ont véritablement pas bougé. Pour un autre expert du domaine, l’absence de financement et de formation des acteurs de la chaîne de production serait le nœud du problème. « Les producteurs font avec les moyens du bord », souligne notre source. Pour le cinéaste aux multiples casquettes, Thierry Ntamack (réalisateur, producteur et acteur) dont les films ont connu des critiques positives, la production cinématographique n’est pas une mince affaire. « Je suis obligé de m’endetter pour produire mes films et j’ai de la chance que mon équipe est constituée de bénévoles. Donc, je ne les paie pas. Pour ce qui est des décors, j’ai des partenariats avec des hôtels pour la réussite de certaines scènes », confie le producteur du long métrage « Le serpent de Bronze ». 
Il est clair que pour émerger et conquérir les plateformes internationales, le cinéma camerounais doit améliorer la qualité de ses offres. L’acte 23 du festival « Ecrans noirs » qui s’ouvre ce samedi 13 juillet à Yaoundé constitue, dans cette veine, une opportunité à maximiser. Entre autres activités, les « Ecrans noirs » tiennent des sessions de formations pour les différents maillons de la chaîne du cinéma.
 

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