Désignation de femmes notables : neuf chefs traditionnels honorés

Plus de 200 femmes siègent désormais à leurs côtés dans les trois régions du Septentrion. Une cérémonie de reconnaissance présidée hier à Yaoundé par le Minat.

Ils ont osé. Braver l’esprit conservateur et patriarcal de leurs communautés. Dans des lamidats de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, il faudra désormais compter des femmes parmi les conseillères des lamibé et sultans. Neuf d’entre eux ont donné leur onction pour que 232 femmes soient élevées à la dignité de notables. Elles siègent désormais avec leurs pairs de sexe masculin. Il s’agit des lamibé de Banyo, de Demsa, de Mokolo, de Guider, de Djérem, de Ngaoundéré, de Tignère, ainsi que des sultans de Kousseri et de Logone-Birni. Pour ce courage, ils ont reçu des distinctions hier à Yaoundé, au cours d’une cérémonie co-présidée par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, et le ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, en présence du ministre de la Décentralisation et du Développement local, de la coordonatrice résidente du Système des Nations unies et du haut-commissaire du Canada au Cameroun. Des membres du corps diplomatique ont également pris part à cette cérémonie.
Cet événement est à la fois inédit et novateur. D’abord parce qu’il bouscule le caractère patriarcal de ces communautés. Il ne s’agit point d’en dénaturer son essence. « Les femmes sont nos mères, épouses, filles, sœurs nièces, mais elles sont surtout plus nombreuses. Sans mépriser nos valeurs traditionnelles, il nous est paru important d’amorcer avec prudence et clairvoyance, ce virage vers la modernité, tout en maintenant ce qui fait leur essence et leur charme », a expliqué Sa Majesté Mohaman Gabdo Yahya, lamido de Banyo. Certaines de ces femmes ont entamé leurs activités depuis octobre 2016.  
Pour en arriver à cela, le plaidoyer est porté depuis 2015 par l’Association des femmes et filles de l’Adamoua (Affada). A en croire Françoise Baba, la présidente, le challenge n’était pas aisé à relever, mais il y a de quoi en être fière aujourd’hui, au regard du soutien du gouvernement et des partenaires internationaux. L’Affada espère conquérir d’autres chefferies et étendre ses efforts, avec d’autres associations, dans les autres régions du Cameroun. A ce jour, le Cameroun compte deux femmes chef de 2e degré et deux autres, pour le 3e degré.
 

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