Lutte contre le terrorisme: le plaidoyer pour le G5 Sahel

L’Organisation des Nations unies et l’Union africaine souhaitent une plus grande implication du Conseil de sécurité dans le déploiement de la force multinationale.

Les 1 130 participants venus des quatre coins de la planète, prendre part à la conférence sur le contre-terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent en Afrique, tenue à Nairobi au Kenya mercredi, 10 juillet 2019 et jeudi, 11 juillet 2019. Ils ont fait un constat d’échec en dressant le bilan du G5 Sahel. D’après eux, cinq ans après sa création, cette force multinationale (regroupant un contingent de 5 000 hommes issus des armées mauritanienne, malienne, burkinabè, nigérienne et tchadienne) tarde toujours à produire des résultats probants. La région du Sahel reste un terrain fertile à l’insécurité et les populations vivent toujours dans la peur et la désolation. Les attentats, les enlèvements avec demande de rançon et les trafics de toutes sortes sont devenus le lot quotidien de ceux qui y vivent.

Face à ce constat d’échec, les dirigeants de l’ONU et de l’UA sont sortis de leur réserve pour interpeller directement le Conseil de sécurité. Sans fioritures, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, a rappelé à cette institution que ce combat fait partie de ses missions. « J'avoue que nous avons de la peine à comprendre les atermoiements en ce qui concerne les financements des opérations africaines de maintien de l'ordre. Les états africains ont mis leurs maigres moyens pour répondre à cette menace et la demande insistante de l'Afrique n'a pas pu trouver jusque-là les moyens des Nations unies pour faire face, et c'est du ressort du Conseil de sécurité des Nations unies », a-t-il martelé. De son côté, Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, a surtout déploré le manque de collaboration du Conseil de sécurité avec le G5 Sahel. « J’ai clairement dit au Conseil de sécurité que le G5 devait être financé par des contributions onusiennes. Ça lui donnerait plus de capacités. Ça n’a pas été accepté. L’organisation est formée avec des ressources moins prévisibles et un mandat plus faible. Malheureusement, le terrorisme progresse. Maintenant le Ghana, le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire disent qu’il arrive à leurs frontières. Il est crucial que les forces africaines anti-terroristes aient le mandat adéquat », a-t-il regretté.

Au Conseil de sécurité, l’on explique cette inaction par le fait que cette force mixte ne figure pas dans le chapitre 7 de la Chartes des Nations unies. En son article 39, il est indiqué que «le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux Articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales ». En mars dernier, celui-ci a autorisé un partenariat avec la force onusienne au Mali pour un soutien en transport, carburant et ration alimentaire. Insignifiant pour l’UA.

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