Sortir du sous-développement grâce aux TIC : des étudiants africains à l’école japonaise

Dans la ville de Kobé, les technologies de l’information sont mises à contribution pour résoudre des problèmes concrets.

Au Kobe Institute of Computing (KIC), Ecole supérieure de troisième cycle en technologie informatique au Japon, les nouvelles technologies sont utilisées pour résoudre des problèmes sociaux. Dans un contexte où le Japon veut réaliser la société 5.0 grâce à l’innovation technologique rapide afin de créer une société future meilleure. Car dans les années 90, le KIC avait prévu que le 21e siècle serait celui des technologies de l’information et de la communication (TIC). C’est ainsi qu’en 2013 est ouvert au KIC un cursus de Master intitulé « Cursus innovateur TIC » destiné aux TIC pour le développement et constituant le premier programme de ce genre au Japon. Depuis lors, le KIC a accueilli des jeunes venant des secteurs public et privé et issus de plus de 50 pays, principalement africains et asiatiques. Ils sont là pour innover afin de solutionner des problèmes spécifiques qui se posent dans leur communauté d’origine. C’est le cas du Camerounais Yves Freddy Abeme Bouoto. Comme ses camarades venant des autres pays en développement, il se bat chaque jour pour utiliser les TIC afin de régler un problème identifié dans son pays. Abeme Bouoto cherche en effet à lutter contre le paludisme au Cameroun en utilisant les nouvelles technologies. Le 8 juillet 2019, il a déclaré au reporter de CT qu’il est question de concevoir un appareil capable d’attirer les moustiques, vecteurs du paludisme, puis de les neutraliser. Cet appareil, poursuit-il, doit être adapté à l’environnement africain où l’offre de l’énergie électrique est irrégulière. C’est pourquoi il pense à un appareil qui fonctionnera en tout temps grâce à l’énergie solaire.
Abeme Bouoto avoue avoir constaté pendant ses recherches qu’un appareil de ce type a déjà été mis au point aux Etats-Unis mais il coûte cher, fait-il remarquer. Son invention, pour impacter positivement la vie du plus grand nombre de personnes, devra par conséquent être à la portée des Camerounais ayant des bas revenus. L’étudiant  affirme qu’actuellement, ses encadreurs l’aident à trouver des entreprises privées japonaises ayant le savoir-faire nécessaire pour concevoir et construire l’appareil dont il rêve. Abeme Bouoto se retrouve au Japon comme beaucoup d’autres parce qu’il est boursier du programme ABE (programme de bourses d’études pour un master au Japon au profit de jeunes africains). Cette initiative a été annoncée par le Premier japonais, M. Abe, dans son discours d’ouverture de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) tenue en 2013. Au cours de leur formation, les étudiants effectuent des stages dans des entreprises privées au Japon pour être prêts à être employés ou à créer leur propre entreprise. Dans cette perspective, leur cursus intègre  la pratique du Tankyu (recherche). On leur enseigne à identifier clairement un problème, à proposer la solution à ce problème en précisant la technologie à utiliser, à concevoir un business-plan pour mobiliser les financements nécessaires, et à préciser les ressources humaines nécessaires à la résolution du problème.

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