Election du président du Sénat en RDC : duel entre pro-Kabila

Alexis Thambwe Mwamba et Modeste Bahati Lukwebo, deux proches de l’ancien président congolais, s’affrontent samedi pour le perchoir dans un contexte tendu.

La République démocratique du Congo (RDC) retient son souffle en attendant l’élection samedi prochain du président du Sénat. Au fur et à mesure que le jour du scrutin approche, la tension monte. Redoutant des débordements, les autorités de Kinshasa ont interdit tout au long de la semaine toute manifestation à caractère politique. 
Dans les starting-blocks, Alexis Thambwe Mwamba, désigné par l’ancien président de la République, Joseph Kabila pour diriger la chambre haute du Parlement congolais. Face à lui, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, leader de l’AFDC-A (Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés), membre du Front commun pour le Congo (FCC), plateforme qui a soutenu Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du président sortant lors de la dernière élection présidentielle. La candidature de ce dernier est perçue comme un véritable pavé dans la marre. Non seulement elle a surpris plus d’un dans le camp de l’ancien président, mais elle vient mettre à mal la candidature d’Alexis Thambwe Mwamba au perchoir qui, aux yeux de l’opinion, était déjà perçue comme une simple formalité. 
Comme argument, Modeste Bahati Lukwebo, ancien ministre d’Etat chargé de l’Economie brandit son poids au sein de cette plateforme pour revendiquer le poste de président du Sénat. Originaire du Sud-Kivu, il est considéré comme un pilier du FCC et n’a toujours pas pardonné à Joseph Kabila de l’avoir écarté du poste de dauphin au profit d’Emmanuel Ramazani Shadary.
L’ancien ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Alexis Thambwe Mwamba, compte sur la loyauté des sénateurs du FCC qui, comme leurs camarades députés, n’ont pas désavoué Joseph Kabila en avril dernier en votant Jeanine Mabunda au poste de présidente de l’Assemblée nationale. Mais, le cinglant désaveu administré samedi à Lambert Mende, ancien ministre des Médias et porte-parole du gouvernement de Joseph Kabila, candidat au poste de gouverneur de la province du Sankuru, pourrait bien sonner comme un avertissement. Rien n’est donc joué d’avance.
 

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