Mutinerie à la prison centrale de Kondengui : les auteurs encourent des sanctions

A la suite des actes de violence et de vandalisme commis à la prison centrale de Kondengui lundi dernier, l’heure est au bilan. En première ligne de cet exercice, le sort des 177 détenus repérés parmi les meneurs et interpellés, selon le communiqué du gouvernement, signé par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. D’ores et déjà, la première évaluation qui s’impose à l’issue de ces violences fait état d’importants dégâts matériels. D’après le Mincom, on enregistre l’incendie de la bibliothèque de la prison, de l’atelier de couture des femmes et du bureau du responsable de la discipline des détenus, ainsi que le pillage des petits commerces internes au pénitencier. Des actes de vandalisme qui se greffent à l’agression par ces « insurgés » deux détenus dans leurs quartiers pénitentiaires. Ces derniers, blessés, ont immédiatement été pris en charge dans un centre hospitalier de la ville de Yaoundé. 
En rappel, il faut souligner que ces manifestations avaient été signalées aux autorités en charge de la prison centrale de Kondengui comme un groupe de personnes voulant présenter quelques doléances. D’après le ministre René Emmanuel Sadi, « ce mouvement s’est rapidement transformé en une insurrection violente ».  Pour avoir une idée des sanctions encourues par les auteurs, CT s’est rapproché d’un avocat au barreau du Cameroun pour un éclairage. 


Qu’est-ce qui peut être reproché aux personnes interpellées et qu’est-ce qu’elles encourent comme peines ?
Les images observées renvoient à des faits proches des infractions de vol simple ou aggravé, d’incendie et de destruction, de pillage en bande, coups et blessures simples ou graves… Dans tous les cas, les autorités de police judiciaire à la suite d’une enquête détermineront les infractions retenues au titre des poursuites à l’encontre des suspects contre qui les indices concordants seront réunis à la lumière du code pénal. Les peines à prononcer qu’il s’agisse de crime ou de délit étant laissées à la discrétion de la juridiction de jugement.
Etant en détention préventive pour certains, quelle peut être l’incidence sur leur situation carcérale ?
Toute victime, qu’il s’agisse de l’Etat ou des particuliers peut porter plainte ou dénoncer aux fins d’ouverture d’une enquête de police judiciaire tous faits qualifiés de crime ou de délit commis par des personnes en détention préventive ou condamnée et détenues.  Ces derniers seront alors entendus dans le cadre d’un procès équitable avec toutes les garanties à un procès équitable, notamment le droit à l’assistance d’un avocat et le bénéfice de la présomption d’innocence entre autres.   
Pour ceux qui étaient déjà définitivement condamnés, qu’est ce qui va se passer en cas de nouvelles condamnations ?
Les sanctions et peines éventuelles susceptibles d’être prononcées contre les auteurs reconnus coupables de délits ou de crimes par les juridictions compétentes se cumuleront le cas échéant avec toute peine antérieure ; sous réserve des règles relatives au non cumul des peines prévues par le Code pénal qui s’appliqueront au cas par cas.

 

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